Jean-Paul II "nous apprend à ne pas avoir peur de la vérité"

Par le card. Etchegaray

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CITE DU VATICAN, Mardi 15 juin 2004 (ZENIT.org) – A l’occasion de la présentation du volume sur "l’Inquisition", le cardinal Etchegaray fait remarquer que Jean-Paul II "nous apprend à ne pas avoir peur de la vérité".



"Un chapitre douloureux sur lequel les fils de l'Église ne peuvent pas ne pas revenir en esprit de repentir", c’est ainsi, rappelle le cardinal Etchegaray que le pape Jean-Paul II définit l’Inquisition dans son programme pour l’entrée dans le Troisième millénaire, "Tertio millennio adveniente" (1994), en tant que "consentement donné, surtout en certains siècles, à des méthodes d'intolérance et même de violence dans le service de la vérité".

Il soulignait, au cours de la présentation à la presse du volume "L’Inquisition", fruit du symposium de 1998, en préparation au Grand Jubilé de l’An 2000, que le pape Jean-Paul II a constamment appelé à la recherche de la vérité sur l’histoire de l’Eglise.

A propos de ce volume le cardinal affirme: "On rend ainsi hommage à une vérité historique à laquelle l’Eglise n’a pas peur de soumettre son passé".

Il insistait sur la "leçon du passé" qui n’est "jamais finie" lorsqu’on se retrouve devant l’histoire : "l’histoire est maîtresse de vie aujourd’hui encore", et "de façon générale, il est vrai que le passé nous guide pour nous conformer toujours plus à la vérité du Christ".

En conclusion de la conférence de presse, le cardinal du Jubilé ajoutait en français: "Je voudrais ajouter, à propos de ce colloque, que j’ai été le témoin oral, proche, de ce que le pape Jean-Paul II a voulu: j’ai constaté combien il tenait fortement à ce colloque. Et il ne l’a pas exprimé seulement dans "Tertio millennio adveniente", mais aussi avant et après le Jubilé. Dans son comportement tout au long de ce pontificat, spécialement pendant le Jubilé, Jean-Paul II nous apprend à ne pas avoir peur ni de personne ni de rien, encore moins de la vérité".

Le cardinal se réfère au Concile Vatican II en citant le premier paragraphe du décret "Dignitatis humanae" sur la dignité humaine et la liberté religieuse, disant que "la vérité ne s’impose que par la force de la vérité elle-même qui pénètre l’esprit avec autant de douceur que de puissance": une "parole forte qui nous réconforte pour l’avenir", souligne le cardinal français.

"J’étais présent à tout le colloque, raconte le cardinal Etchegaray. J’ai écouté ces rapports. De nombreux participants étaient présents en dehors des rapporteurs, pas tous catholiques, et les catholiques pas tous "romains" aveuglément, mais c’était tous des chercheurs, des chercheurs de la vérité historique. Il faut nous protéger d’un certain anachronisme qui nous guette toujours: celui d’attribuer à une époque ce qui appartient à la nôtre. Le contexte historique, certes, n’excuse pas les débordements inquisitionnels. Mais il faut les replacer dans une histoire (elle a duré pendant des siècles) difficile à saisir dans sa vérité. Or ces chercheurs, même les non chrétiens, se sont trouvés encouragés par ce colloque dans leur recherche historique. Avec la publication actuelle de ces Actes volumineux, je pense que ce colloque encouragea aussi les chercheurs de demain à continuer encore leurs recherches. Il faut être humble: on n’a jamais fini de servir la vérité".

"Déjà, se réjouit le cardinal Etchegaray, des livres publiés récemment se réfèrent à ce colloque".

Il conclut : "Nous sommes tous ici non comme des chercheurs mais en tant que chrétiens et en tant qu’hommes pour que cette vérité historique resplendisse davantage, pour la dignité de l’homme tout court".