Jean XXIII, le "santo subito" de Vatican II

Pourquoi Jean XXIII sera saint sans miracle

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 1244 clics

Alors que la canonisation du bienheureux Jean XXIII est attendue cette année, il faut se rappeler que déjà lors du Concile Vatican II, après sa mort, les pères conciliaires « ont souhaité sa canonisation immédiate comme acte du Concile même ».

Pourquoi Jean XXIII sera saint sans miracle ? C’est le sujet d’un article signé par Stefania Falasca sur le quotidien italien «Avvenire».

Le 5 juillet dernier, le pape a approuvé un vote positif des cardinaux de la Congrégation romaine en vue de la canonisation de Jean XXIII, sans qu'il y ait de miracle reconnu. Le pape a en effet le pouvoir de dispenser du deuxième miracle, nécessaire, après la béatification, pour la canonisation.

Pourquoi a-t-il fait usage de ce pouvoir ? La journaliste met en lumière deux raisons essentielles : d’une part, les pères conciliaires, tout de suite après la mort de Roncalli, « ont souhaité sa canonisation immédiate comme acte du Concile même ».

C’est notamment le théologien Yves Congar, qui rapporte dans son journal que le cardinal belge Léon Joseph Suenens voulait conclure le schéma «De Ecclesia» en demandant une canonisation "par acclamation" de Jean XXIII, appuyé par de nombreux pères conciliaires et croyants.

Cinquante ans après la mort du pape, fait observer la note, il est désormais possible de soustraire « sa figure aux émotions du moment et d’approfondir jusque dans les détails les plus intimes sa vie et son action. Cela a conduit à une connaissance sûre et profonde du patrimoine de ses écrits et de son œuvre, en faisant émerger de façon lumineuse sa sainteté ».

La seconde raison, c’est « l’exceptionnelle étendue du culte liturgique déjà rendu au bienheureux, qui, après demande d’autorisation, a été concédé par le Saint-Siège à divers diocèses du monde, de l’Asie à l’Amérique. La mémoire liturgique de Jean XXIII, officiellement inscrite dans les calendriers des Eglises particulières, se configure déjà comme celle d’un saint canonisé ».

« A ce culte, poursuit la journaliste, s’unit aussi une renommée grandissante de signes et miracles qui accompagne la mémoire du bon pape parmi le peuple de Dieu ». Depuis sa béatification (3 septembre 2000) en effet, de nombreux témoignages de grâces et de faveurs obtenues dans le monde entier par son intercession sont parvenues à la postulation, souvent accompagnées d’une documentation médicale.

Ainsi, la cause de Jean XXII bénéficie d’un « culte liturgique déjà répandu dans l’Eglise universelle » et « d’une demande de canonisation par acclamation exprimée dans un Concile » : Ce sont « les principales raisons que le pape François a approuvées pour procéder à la canonisation de Jean XXIII ».

Sa décision n’est pourtant pas « une nouveauté absolue » : d’autres éléments et motivations « peuvent se substituer à un miracle scientifiquement et théologiquement prouvé ».

Dans l’histoire récente des canonisations, les martyrs chinois (Agostino Zhao Rong et ses 119 compagnons) représentent également une exception : ces martyrs, dont l’Eglise fait mémoire le 9 juillet, sont parvenus à la béatification selon une procédure régulière à des périodes diverses. Puis leurs causes ont été unifiées et, par le décret "De signis", Jean-Paul II les a tous dispensés d’un miracle et les a inscrits parmi les saints le 1er octobre 2000, lors du Grand Jubilé.

Jean-Paul II, souligne Stefania Falasca, s’est décidé d’après les éléments suivants : « une renommée indiscutée et croissante de signes et miracles qui leur était attribuée après la béatification et l’influence particulière que leur mémoire avait exercé pour la persévérance de la foi dans des contextes extrêmes et difficiles ».