Jeanne Jugan, le « vœu d'hospitalité », au service des pauvres

Un nouveau miracle dû à son intercession

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ROME, Dimanche 7 décembre 2008 (ZENIT.org) - Pour la seconde fois, le Vatican reconnaît un miracle comme dû à l'intercession de la bienheureuse Jeanne Jugan, qui a inventé le « vœu d'hospitalité ». La fondatrice des Petites sœurs des Pauvres pourrait être canonisée en 2009. Sa vocation s'est épanouie vers l'âge de 50 ans, et elle a une fécondité spirituelle ininterrompue.

En effet, un premier miracle avait été reconnu en  1982, avant sa béatification par Jean-Paul II.

Il a fallu un second miracle, survenu après la béatification, pour ouvrir la voie à la canonisation de la fondatrice. C'est chose faite et reconnue par un décret de la Congrégation pour les causes des saints, en date du 6 décembre, et dont la publication, autorisée par Benoît XVI, est intervenue ce même samedi sur le site de la salle de presse du Saint-Siège.

La bienheureuse Marie de la Croix Jugan (au siècle, Jeanne), vierge, est née en France, à  Petites-Croix le 25 octobre 1792 et elle est morte à La Tour Saint-Joseph, le 29 août 1879. Elle a été béatifiée par Jean-Paul II le 3 octobre 1982.

« Soyez petites, bien petites, disait-elle à ses sœurs. Gardez l'esprit d'humilité et de simplicité ! Si nous venions à nous croire quelque chose, nous tomberions... C'est si beau de tout attendre du Bon Dieu ». Et son nom de religion, sœur Marie de la Croix, exprime sa volonté de demeurer plongée dans le mystère du Christ Rédempteur.

Née en Ille-et-Villaine, au hameau des Petites-Croix, près de Cancale, dans une famille de pêcheurs, elle a connu la pauvreté dès son enfance. A six ans, elle perd don père. Bientôt, elle devra se placer comme servante à Saint-Servan. Mais lorsqu'elle est en âge de se marier, elle refuse : « Le Bon Dieu me veut pour quelque chose », dit-elle, déjà bouleversée par la misère qui sévit.

A l'âge de 50 ans, elle commence à accueillir dans sa mansarde une pauvre femme, puis d'autres vieillards, animée d'une intuition prophétique des besoins et des aspirations profondes des personnes âgées. Pour eux, elle mendie, et bientôt, elle fonde les Petites Sœurs des pauvres qui s'occuperont de centaines de vieillards, et fait inclure dans leur règle le vœu d'hospitalité.

Or, quatre ans plus tard, elle est évincée, dépouillée de sa charge de supérieure. Désormais simple religieuse, elle rayonne silencieusement sur sa congrégation, achevant de lui imprimer son esprit. Elle laisse, à sa mort, deux mille quatre cents Petites sœurs, dans dix pays.

Anita S. Bourdin