Jeunes: mettre l'accent sur les motifs de confiance

Assemblée plénière du Conseil pontifical de la culture

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 1381 clics

Le Conseil pontifical de la culture souhaite mettre l'accent sur les "motifs de confiance" dans le monde des jeunes, afin "d'ouvrir une brèche dans le pessimisme et dans la peur de l'avenir".

Les travaux de l'Assemblée plénière du dicastère, dont les participants ont rencontré Benoît XVI hier (cf. Zenit du 7 février 2013), se poursuivent, du 6 au 9 février, sur le thème "les cultures émergentes des jeunes". L'Osservatore Romano en donne un compte-rendu dans son édition du 9 février 2013.

Les jeunes témoignent

Ce matin, 8 février, a eu lieu une table ronde sur la foi des jeunes, dans le but de mettre l'accent sur les "motifs de confiance", afin "d'ouvrir une brèche dans le pessimisme et dans la peur de l'avenir".

Les participants ont souligné les "grandes potentialités" du monde des jeunes : une créativité incroyable, un volontariat plein d'altruisme, une culture du don, la naissance de nouvelles communautés, la mobilisation pour les JMJ…".

Plusieurs jeunes ont témoigné de leurs initiatives : à commencer par Alanda Kariza, une jeune femme d'Indonésie, co-fondatrice de la "Youth Synergy", dont l'objectif est faire contribuer les jeunes au développement du pays, en abordant, à travers les medias, des thèmes comme le pluralisme, les droits de l'homme ou la lutte contre la corruption.

Le canadien Louis Riverin, religieux de la Famille Marie-Jeunesse, ordonné prêtre en 2008, a expliqué pourquoi les jeunes se sentent attirés par les «nouvelles communautés»: «ils y découvrent une “proximité” de Dieu qui leur permet de croître humainement et spirituellement".

Enfin, Fara Bemahazaka, étudiante malgache en économie et commerce à Florence, qui avait présenté l'Assemblée avec le cardinal Ravasi (cf. Zenit du 1er février 2013), a témoigné de son désir de "traduire la spiritualité et les valeurs de la foi chrétienne en action pour le bien de son peuple".

Les participants ont également abordé la culture numérique, qui "révolutionne le modèle et la grammaire de la communication" : ils ont cherché à analyser des structures de ce langage, telles "l'importance de la musique, des lieux de rencontre".

Ces données, ont-ils souligné, exigent de la part de l'Eglise "un discernement et un profond changement de perspective, avec la création de codes où la vision chrétienne soit significative".

La jeunesse, en recherche d'avenir

L'anthropologue mexicaine Rossana Reguillo Cruz, chercheuse dans le domaine de l'identité et des cultures urbaines en Amérique latine et dans les Caraïbes est intervenue hier, 7 février. Elle a estimé que « face à une société boulimique qui “dévore” les jeunes et puis les rejette, il est toujours plus urgent de s'interroger sur les nouvelles générations », en particulier sur le continent latino-américain, où les jeunes sont le plus touchés par la pauvreté.

En effet, 41% des jeunes entre 15 et 29 ans y vit sous le seuil de pauvreté ; et parmi eux 15% vivent dans des conditions misérables, a-t-elle rapporté, soulignant les processus du début du XXIe siècle, qui ont marqué le monde juvénile, "malheureusement presque toujours de façon négative", tels le chômage et marginalisation, la "perte de l'appartenance", l'augmentation de la violence …".

Un constat qui encourage à chercher «un modèle pour l'avenir », dans la "reconnaissance respectueuse de la condition et des prérogatives des jeunes", a poursuivi l'anthropologue, dans une note positive s'appuyant sur les qualités des jeunes : "l'ensemble de leur lutte, leur recherche constante et leur courage pour exprimer leurs opinions en public, leurs gestes de générosité et de libération et leur action croissante pour critiquer l'ordre établi".

«Bien qu'il y ait une énorme diversité dans l'“univers des jeunes”, dans ses pratiques et ses expressions, la recherche d'un avenir leur est commune. Nous sommes encore dans les temps », a-t-elle conclu.