Jordanie : les réfugiés syriens victimes de la neige

Alerte du directeur de Caritas du pays

Rome, (Zenit.org) | 1296 clics

Les réfugiés syriens souffrent des intempéries, en Jordanie, à tel point qu’un vent de révolte s’est levé et que certains choisissent de retourner en Syrie.

C’est l’alerte de Wael Suleiman, Directeur de la Caritas Jordanie, rapportée par l’agence vaticane Fides : les tempêtes de neige, le vent et la pluie qui se sont abattus sur le pays – la Terre Sainte aussi était recouverte d’un manteau blanc hier – ont eu des effets dévastateurs sur le camp de réfugiés de Zaatari, dans le désert jordanien, où vivent quelque 50.000 réfugiés syriens.

« Les tourmentes ont détruit au moins 500 tentes du camp. Les réfugiés vivent dans des conditions désormais insoutenables. Aucun mort n’est encore signalé mais les personnes nécessitant de soins seront sans doute très nombreuses », a expliqué Wael Suleiman.

Dans ce contexte invivable, « certains ont repris le chemin de la Syrie, préférant les risques d’un pays déchiré par la guerre au fait de voir mourir leurs enfants dans l’enfer d’un camp de réfugiés », a-t-il ajouté.

D’autres se sont révoltés : dans l’après-midi du mardi 8 janvier, un certain nombre de réfugiés exaspérés ont attaqué avec des pierres et des bâtons le personnel de l’ONU et des organisations locales impliquées dans la gestion du camp.

« La situation est explosive. Nous affirmons depuis longtemps que le camp de Zaatari devrait être fermé. Mais l’ouverture d’une nouvelle structure dans la zone de Zarqa, donnée toujours pour imminente, est régulièrement renvoyée » déplore M. Suleiman.

En outre, il est difficile de trouver d'autres secours : « Si nous parlons avec ceux du gouvernement ils nous disent que la question des réfugiés n’est pas de leur compétence directe. Si nous interrogeons des fonctionnaires de l’ONU, ils nous disent que les ressources sont limitées et que l’on ne peut mieux faire. Entre temps, les choses empirent et tout risque de sauter ».

Les syriens expatriés en Jordanie sont plus de 280.000. Et la poursuite du conflit laisse prévoir un nouveau flux massif de réfugiés au cours des premiers mois de 2013.