Journée mondiale des malades : l'envoyé du pape à Altötting

Un sanctuaire où Benoît XVI se sent « à la maison »

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Anita Bourdin                                      

ROME, vendredi 7 décembre 2012 (Zenit.org) – Mgr Zygmunt Zimowski, président du Conseil pontifical pour la santé sera l’envoyé de Benoît XVI à Altötting pour la XXIe Journée mondiale du malade, le 11 février 2013. Un sanctuaire où le pape se sent « à la maison ».

Il présidera, au nom du pape, des célébrations solennelles au sanctuaire marial bavarois fréquenté par Benoît XVI dès son enfance. 

En juin 2006, le pape a reçu la citoyenneté honoraire d’Altötting et en septembre de la même année, il a offert son anneau cardinalice à la Vierge Noire du sanctuaire (cf. Zenit du 12 septembre 2006).

L’Eglise, à l’école du Christ

Cette Journée mondiale a été instituée par Jean-Paul II le 13 mai 1992. Dans sa lettre, il indique que « l’Eglise, à l’exemple du Christ, a toujours ressenti, au cours des siècles, le devoir du service des malades et des souffrants comme faisant partie intégrante de sa mission (Dolentium Hominum, 1), est consciente que « ‘dans l’accueil amoureuse et généreuse de toute vie humaine, surtout sur elle est faible et malade, vit aujourd’hui un moment fondamental de sa mission » (Christifideles Laici, 38). Elle ne cesse en outre de souligner le caractère salvifique de l’offrande de le souffrance qui, vécue en communion avec le Christ, appartient à l’essence même de la rédemption (cf. Redemptoris Missio, 78) ».

En 2007, c’est Benoît XVI qui a fixé une célébration plus solennelle tous les trois ans, sur différents continents, à l’instar des Rencontres mondiales des familles et des JMJ.

Le Bon Samaritain

En 2012, Benoît XVI a consacré son message à l’onction des malades en disant : « En cette année qui constitue la préparation immédiate à la Journée Mondiale solennelle du Malade qui sera célébrée en Allemagne le 11 février 2013, et qui s’appuiera sur la figure évangélique emblématique du Bon Samaritain, (cf. Lc 10, 29-37), je voudrais mettre l’accent sur les "sacrements de guérison", c'est-à-dire sur le sacrement de la Pénitence et de la Réconciliation et sur l’Onction des malades, qui trouvent leur accomplissement naturel dans la communion eucharistique ».

Le pape a ajouté : « La lecture des Évangiles fait clairement apparaître que Jésus a toujours manifesté une attention particulière aux malades. Il n’a pas seulement envoyé ses disciples soigner leurs blessures (cf. Mt 10,8 ; Lc 9,2 ; 10,9), mais il a aussi institué pour eux un sacrement spécifique : l’Onction des malades. La lettre de Jacques atteste la présence de ce geste sacramentel dès la première communauté chrétienne (cf. 5, 14-16) : dans l’Onction des malades, accompagnée de la prière des Anciens, l’Église tout entière confie les malades au Seigneur souffrant et glorifié pour qu’Il allège leurs peines et les sauve ; plus encore, elle les exhorte à s’unir spirituellement à la passion et à la mort du Christ, afin de contribuer ainsi au bien du Peuple de Dieu. »

A la maison

Le sanctuaire abrite une statue de Vierge noire à l’Enfant. Joseph Ratzinger a fréquenté ce sanctuaire dès l’âge de 7 ans, en famille, puis comme séminariste, prêtre, professeur, cardinal-archevêque, comme préfet de la doctrine de la foi.

Benoît XVI a en effet accompli ce geste qui tisse un lien symbolique supplémentaire entre le Successeur de Pierre et le « cœur marial » de sa Bavière natale.

« Je me sens vraiment à la maison, dans un sens vraiment profond, a confié le pape, non seulement parce que je suis dans ma patrie d’origine, mais aussi parce que je me sens uni à ma Mère. (…) Là où il y a la Mère de Dieu, nous nous sentons tous chez nous ».

Cet anneau, le cardinal Joseph Ratzinger l’avait reçu du pape Paul VI le 28 juin 1977, peu après sa nomination comme archevêque de Munich-Freising : il avait été consacré le 28 mai à Munich.

Depuis 2005, cet anneau était confié aux mains de Monseigneur Georg Ratzinger, frère aîné du pape, qui vit habituellement à Ratisbonne.

L’anneau de Paul VI

Il l’a apporté avec lui pour la visite de Benoît XVI à la Chapelle des grâces et la messe sur l’esplanade du sanctuaire, afin que le pape puisse l’offrir à la Vierge Marie.

Le pape l’a déposé dans un étui au pied de la statue. Il a été cousu sur l’une des robes ornées de pierres précieuses, comme c’est la tradition pour les ex-voto précieux offerts par les fidèles en reconnaissance des grâces obtenues.

L’anneau du pape est en quelque sorte un ex-voto pour les grâces reçues et une trace de sa supplication pour la suite de son ministère.


La statue de la Vierge noire à l’Enfant d’Altötting date du XIVe siècle : elle a été placée là, dans la « Chapelle des Grâces » en 1330. En 1489, Altötting devint fameuse, en Allemagne et en Europe centrale, à la suite de deux apparitions de la Vierge Marie.

En 1670, l’autel où la statue était conservée fut enrichi de décorations en argent et actuellement plus de deux mille ex-voto y sont visibles dans la chapelle et dans le porche d’accès. Mais comme ils sont plus nombreux encore, on les expose tour à tour.

La chapelle conserve aussi dans des urnes d’argent les cœurs de rois de Bavière et d’autres membres importants de la famille des Wittelsbach, signe de la confiance des souverains bavarois dans l’intercession de la Vierge Marie.



Rappelons que Joseph Ratzinger a vécu son enfance, son adolescence, et a suivi sa formation, en Bavière : c’est là aussi qu’il a été ordonné prêtre, en la cathédrale de Munich, le 29 juin 1951 avec son frère, qu’il a été prêtre et professeur de théologie, puis archevêque, à partir du 24 mars 1977, et cardinal, jusqu’à son départ pour Rome, le 15 février 1982.