Judaïsme : Massacre de juifs en Ukraine en 1941, Benoît XVI bouleversé

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ROME, Lundi 12 décembre 2005 (ZENIT.org) – Benoît XVI a exprimé sa vive émotion devant les documents faisant état d’un massacre de juifs en Ukraine en 1941.



Le pape a adressé à ce sujet une lettre au cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque émérite de Paris, à l’occasion des 3e « Rencontres européennes entre juifs et catholiques », promues par le Congrès juif européen et qui ont rassemblé à Paris, à l\'Hôtel de Ville, le 4 décembre, plus de 700 représentants du judaïsme et de l’Eglise catholique, dont le cardinal Georges Marie Cottier, représentant le Vatican.

Ces initiatives communes ont été présentées à cette occasion, sous la houlette de la fondation « Iahad - In Unum » - « Ensemble » - lancée en 2003 par le rabbin Israël Singer, directeur du Congrès Juif mondial, et le cardinal Lustiger.

C’est dans ce cadre que le P. Patrick Desbois a effectué une recherche, en Ukraine, sur les fosses communes dans lesquelles plus d\'un million de juifs ukrainiens, assassinés par les nazis dès 1941, ont été ensevelis.

Le cardinal Lustiger a mis Benoît XVI au courant de l’importance de ce travail, et le pape a adressé au cardinal une lettre, en date du 1er décembre, dans laquelle il exprime son soutien.

« A la lecture de votre lettre et des documents transmis auparavant, j\'ai été bouleversé en me rendant compte à quel point le pouvoir du mal s\'était emparé de notre peuple, au point que des choses aussi monstrueuses aient pu avoir lieu, comme ces documents le révèlent », écrit le pape Ratzinger qui dit à deux reprises un douloureux « notre peuple ».

Il exprime son effroi en ces termes : « Que ces campagnes systématiques d\'assassinats en Ukraine avaient précédé l\'horreur des camps d\'extermination des juifs, je n\'en avais jusque-là jamais entendu parler. Je peux à peine concevoir que les puissances démoniaques du mal qui ont régné douze ans sur notre peuple aient pu conduire à ce point à un total écroulement des obligations morales et aboutir à une destruction des consciences à un degré tel qu\'on ne pourrait pas le croire, si tout ceci n\'était établi avec une si effroyable précision ».

Il invite à « prier sans cesse le Seigneur de nous protéger de telles Puissances dans l\'avenir ».

Mais il souligne ce fait « consolant » que « le métropolite ukrainien de l\'époque ait pris clairement position contre ces procédés, et qu\'aujourd\'hui des prêtres catholiques s\'efforcent de tirer au clair toute la vérité ».

Le congrès a par ailleurs été l’occasion de saluer le 40e anniversaire de la promulgation de la Déclaration conciliaire « Nostra Aetate », et à l’action de Jean-Paul II pour favoriser les relations entre juifs et catholiques.