Juifs et catholiques lancent un appel en faveur de la liberté de religion et de conscience

Réunion du comité bilatéral à Jérusalem

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ROME, Jeudi 22 mars 2007 (ZENIT.org) – « L'état ne peut limiter la liberté religieuse individuelle ou collective, ni la liberté de conscience », fait observer un communiqué du Comité bilatéral de la Délégation pour les Relations avec l'Eglise catholique du Grand Rabbinat de Jérusalem et de la Commission du Saint-Siège pour les Relations religieuses avec le Judaïsme.



La 7e réunion de ce comité vient d’avoir lieu à Jérusalem, du 11 au 13 mars, sous la présidence du rabbin Shear Yashouv Cohen et du cardinal Jorge Mejía, sur le thème : « Les libertés de religion et de conscience et leurs limites ».

« La capacité de choisir est un attribut de la nature humaine que Dieu a donné à tous les peuples; ce point est fondamental pour comprendre le concept biblique de la responsabilité humaine et de la justice divine ». C’est ainsi que commence la déclaration finale qui cite la Genèse et le Deutéronome.

« La liberté de choisir vient de Dieu, donc elle n’est pas absolue, mais elle doit refléter la volonté et la loi divine », poursuit le texte publié mardi 13 mars.

Les représentants des deux délégations, juive et catholique, expliquent que « l’idée du relativisme est anti-éthique à cette vision du monde religieux et représente une sérieuse menace pour l’humanité ».

« Même si le temps des Lumières a contribué à porter à une purification de l’abus de la religion, la société séculaire a encore besoin de bases religieuses qui soutiennent des valeurs morales durables », constate le document.

« L’une de ces bases est le principe fondamental de sainteté concernant la vie de l’homme et sa dignité – ajoute-t-il –. Le monothéisme éthique affirme qu’il s’agit-là de droits humains qui sont inviolables. Ce principe doit donc être source d’inspiration pour la société en général ».

« L’Etat ne peut en rien limiter la liberté de religion, ni la liberté de conscience morale d’un individu ou d’une communauté, mais il est également tenu pour responsable du bien-être et de la sécurité de la société », explique-t-il.

« Conformément à cela, il est de son devoir d’intervenir dès l’instant où il y aurait menace, incitation, enseignement, ou exercice de la violence, plus spécifiquement quand il s’agit de terrorisme, et de manipulation psychologique au nom de la religion », soulignent les représentants religieux dans leur communiqué.

« Il est légitime qu’une société cherche à préserver son identité religieuse, tant qu’elle ne limite pas la liberté des communautés minoritaires et des individus à professer leur foi religieuse, ni ne limite leurs droits civils et leur statut de citoyens, d’individus et de communautés », expliquent-ils dans leur communiqué.

« Ceci nous conduit tous à devoir protéger l’intégrité et la dignité des lieux saints, des lieux d’adoration et des cimetières de toutes les communautés religieuses », reconnaissent conjointement juifs et catholiques.

« Le cours de l’histoire nous montre que les communautés religieuses n’ont pas toujours été fidèles à ces valeurs. Il est donc impératif que leaders et communautés religieuses préviennent l’usage impropre de la religion et éduquent au respect de la diversité qui est fondamental pour garantir une société saine, stable et pacifique ».

A ce propos, les représentants religieux ont mis l’accent, sur « le rôle essentiel des familles, des écoles et des autorités civiles et sociales, ainsi que des médias, dans l’enseignement de ces valeurs aux générations futures ».

La déclaration de la commission bilatérale réunie à Jérusalem s’est achevée sur un appel aux chefs religieux et politiques de la Région et du monde « à faire preuve de détermination et à travailler pour que la paix, la dignité, la sécurité et la tranquillité en Terre Sainte soient une garantie pour ses populations et pour le monde entier ».