Kenya : Fondation d’un monastère de sœurs augustines récollettes mexicaines

La vie contemplative est source de bénédictions

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ROME, Mardi 13 avril 2010 (ZENIT.org) - Les sœurs augustines récollettes du Mexique ont commencé la construction d'un monastère de clôture au Kenya qui sera inauguré le 28 août prochain. Le diocèse de Lodwar, en demandant cette fondation, a souligné qu'il était « source de bénédiction pour le diocèse et un exemple de vie spirituelle pour le peuple turkan ».

Mère Adoración Matamoros et sœur Guadalupe Jiménez, présidente et secrétaire de la Fédération des religieuses augustines récollettes du Mexique, se sont rendues au Kenya le 12 octobre dernier pour concrétiser la fondation du nouveau monastère.

Les deux religieuses mexicaines ont rencontré l'évêque de Lodwar, Mgr Patrick Joseph Harrington, irlandais, de la Société des Missions africaines, et le missionnaire espagnol Manuel Hernández, membre de la Communauté missionnaire de Saint-Paul Apôtre et Marie, Mère de l'Eglise.

A propos de sa visite au Kenya et au diocèse de Lodwar, mère Adoración Matamoros souligne dans des déclarations rapportées sur la page web de l'Ordre, avoir été particulièrement frappée par « le sous-développement et l'extrême pauvreté dans laquelle vit la population et par le climat de grande sècheresse qui y règne », se disant également touchée par « tous les efforts mis en œuvre par l'Eglise, et qu'elle continue de déployer, pour aider ces populations de la région Turkanne, au plan spirituel et matériel ». 

Un travail « de première évangélisation qui dure depuis à peine 40 ans », a-t-elle précisé. 

Le Kenya abrite déjà un autre monastère de religieuses augustines récollettes, fondé par la Fédération espagnole à Wote, et que la mère Adoración admire beaucoup : « C'est encourageant, car trois ans après sa fondation, les vocations fleurissent et les jeunes religieuses sont très prises par leur formation », souligne-t-elle. 

« Nous sommes ravies de leur accueil cordial et fraternel », ajoute-t-elle. « Au fur et à mesure que le temps passe, elles surmontent dans la confiance et avec foi les difficultés que toute fondation rencontre à ses débuts ».

Sur le rôle de la vie contemplative de ces religieuses au Kenya, mère Adoración signale qu'« au niveau de l'Eglise, celle-ci est appréciée, valorisée et considérée importante pour l'évangélisation, même dans le diocèse de Lodwar, où il n'existe aucune communauté de vie contemplative. C'est pourquoi nous la désirons vivement depuis longtemps, pour ‘qu'elle soit source de bénédiction pour le diocèse et un exemple de vie spirituelle pour le peuple turkan', comme cela a été dit en demandant sa fondation ». 

L'initiative a été prise après la visite à la communauté de Wote des pères Francisco Andreo García et Manuel Hernández, le premier fondateur, le second membre de la Communauté missionnaire Saint-Paul Apôtre et Marie, Mère de l'Église. Après avoir connu les religieuses, est né le désir de demander une fondation de sœurs augustines récollettes pour le diocèse de Lodwar. Et comme la fédération espagnole n'avait personne, il a été proposé de faire appel aux sœurs augustines récollettes du Mexique. La demande a été faite par Mgr Harrington, évêque de Lodwar.  

Le diocèse s'est offert de construire et aménager le couvent pour les sœurs ; non pas avec se propres deniers, car il ne dispose pas d'argent, mais grâce à des subventions extèrieures obtenues pour les projets pastoraux. Les religieuses vivront momentanément avec leurs consœurs de Wote, jusqu'à leur transfert, en août, au monastère de Lodwar.  

Les travaux ont déjà commencé par le forage d'un puits fournissant près de 10.000 litres d'eau à l'heure, l'installation de dépôts surélevés, l'élévation du mur de séparation avec l'école, le raccordement électrique. La construction du monastère proprement dite est prévue ce mois-ci.

La fondation comptera sur cinq religieuses de trois communautés fédérées : trois de Papalotla, une de Cuernavaca et une de Guaraciaba do Norte (Brésil). Il s'agit de María Belén Ortiz, Ana María Martínez, Maricela González, Anita Ángel Avilés et Angelina Pérez.  

Le monastère subviendra à ses propres besoins grâce au travail manuel des religieuses qui produiront des hosties, que personne ne fabriquait jusqu'ici, confectionneront des uniformes pour les écoles et feront de la broderie. L'autre possibilité sera la culture d'un potager. A tout cela s'ajouteront les dons ponctuels de la part de bienfaiteurs.  

A la question de savoir comment est perçue la vie contemplative des sœurs augustines récollettes parmi les jeunes africaines et leurs familles, mère Adoración est revenue sur l'importance de « l'expérience » des sœurs de Wote, qui « ont de nombreuses vocations ».  

« Elle doit être vue, bien entendu, comme un don de Dieu pour la réalisation de sa propre vie », a-t-elle souligné. On doit ajouter le fait que « les  parents ne s'opposent pas à la vie consacrée contemplative, même si celle-ci n'est pas toujours bien comprise par certaines personnes, qui ignorent son origine et sa raison d'être dans l'Eglise ». 

Mgr Harrington espère que le monastère sera inauguré le 28 août, vu que les fondatrices ont choisi comme patron saint Augustin, une décision que l'évêque approuve dans la mesure où Augustin était africain, docteur de l'Eglise et que la cathédrale de Lodwar lui est dédiée.