Kenya : Les évêques invitent à un sursaut de conscience

Déclaration sur les drames de la violence et de la faim

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ROME, Vendredi 2 octobre 2009 (ZENIT.org) - « Seigneur Dieu tout-puissant, donne-nous un cœur nouveau », est le titre de la déclaration des évêques catholique du Kenya, publiée à la fin de leur assemblée plénière qui a eu lieu à Nairobi en septembre. 

Les évêques y affirment vouloir aborder certaines questions « qui sont sources de souffrance » pour eux et pour toutes les personnes de bonne volonté. 

Ils citent en premier lieu les divisions et la violence qui ont ensanglanté dernièrement le district de Samburu. « Le meurtre de femmes et d'enfants innocents ajoutent une nouvelle et terrible dimension au conflit entre tribus », dénoncent-ils, déplorant que le gouvernement « parait incapable ou guère enclin à intervenir dans cette situation ». 

Les évêques réclament donc « un plan global pour éviter des situations de ce type », dues selon eux au « manque de nourriture et d'eau, au manque d'éducation et à la prolifération des armes de petits calibres ». 

Les problèmes entre communautés différentes, relèvent-ils, ne peuvent se résoudre uniquement « par le dialogue et des efforts responsables ». « La loi de la jungle ne saurait être la règle. Les personnes impliquées devraient être guidées par une conscience droite et par le respect pour la vie humaine ». 

La question des luttes entre communautés renvoie au tribalisme, un « mal » à extirper et contre lequel, selon les évêques, rien n'est fait.

« Nous, kenyans, sommes-nous vraiment capables de surmonter le tribalisme ? Nos écoles font-elles suffisamment pour éradiquer ce mal ? », interrogent-ils avant de souligner que « la promotion de l'éthique patriotique doit être une priorité dans les écoles » et d'appeler tous les fidèles catholiques, toutes les personnes de bonne volonté, à « combattre la maladie du tribalisme », car, rappellent-ils, « nous sommes tous des enfants de Dieu et avons un unique Père ». 

Autre aspect critique souligné par les évêques du Kenya : le fait que la classe politique ne se préoccupe pas des aspirations de la population. « Beaucoup, dans le pays, n'arrivent pas à assouvir leur faim et nos politiques semblent ne pas s'en soucier », soulignent-ils. 

Ils y évoquent également le problème de l'environnement et de sa dégradation, et celui de l'insécurité qu'ils dénoncent, reprochant aux responsables de la loi et de l'ordre d'avoir « négligé leurs devoirs » et de s'être « occupés à s'enrichir ».  

La déclaration des évêques, signée par le cardinal John Njue, archevêque de Nairobi et administrateur apostolique de Ngong, président de l'épiscopat, et par tous les évêques du Kenya, se concentre ensuite sur le drame de l'insécurité alimentaire, relevant l'urgence d'« un plan immédiat visant à garantir de la nourriture en quantité suffisante pour le présent et pour les années à venir ». 

La question de l'approvisionnement alimentaire « sera un test de la qualité et de la sincérité de nos leaders », commentent les évêques. « Il est vrai qu'une bonne partie de notre territoire est aride, reconnaissent-ils, mais la famine peut être surmontée avec une planification constructive de sondeuses, digues et matériels d'irrigation ». 

Le problème alimentaire renvoie à celui des personnes déplacées à l'intérieur du pays. « Pendant combien de temps encore les gens mourront-ils de faim et vivront dans le dénuement dans leur propre pays ?, se demandent les évêques. Faim, famine et déshumanisation sont-ils synonymes de notre ‘être'  kenyan?". 

Devant tous ces problèmes, les évêques invitent à promouvoir « la réconciliation et changer son cœur ». 

« Les gens doivent dire ce qu'ils pensent et penser ce qu'ils disent. Nos écoles doivent éduquer les étudiants à être honnêtes et craintifs devant Dieu ». 

« Nous demandons à toutes les personnes de bonne volonté de prier pour notre pays », concluent-ils. 

Roberta Sciamplicotti