« L'ami juif du pape » s'est éteint à Rome

Hommage de L'Osservatore Romano

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ROME, vendredi 6 janvier 2012 (ZENIT.org) – « L‘ami juif du pape » s’est éteint le 31 décembre 2011 à Rome à l’hôpital San Camillo : L’Osservatore Romano en italien du 4 janvier 2012 rend hommage à Jerzy Kluger, auquel Gian Franco Svidercoschi avait consacré son livre (Mame, Paris, 1995). Le défunt a été inhumé au cimetière juif de Rome le 2 janvier 2012.

Le père de Jerzy Kluger était le chef de la communauté juive de Wadowice, la ville de naissance de Karol Wojtyla. Ainsi , Wojtyła et Kluger étaient camarade d’école puis au lycée : Jerzy, né en 1921 était d’un an plus jeune. Ensemble, ils jouaient au football, Wojtyla comme gardien de but.

Pendant la seconde guerre mondiale, Kluger a perdu sa mère, sa soeur et sa grand-mère dans la shoah mais lui-même réussit à quitter la Pologne et il s’engagea aux côtés des alliés. Les deux amis d’enfance se perdirent de vue pendant 27 ans.

Puis, le concile Vatican II permit les retrouvailles: l’évêque Karol Wojtyla fut un jour contacté par son ami d’enfance, devenu ingénieur et installé à Rome.

Et, peu après son élection, le nouveau pape Jean-Paul II reçut son ami, le lendemain de son intronisation, le 23 octobre 1978. Jerzy Kluger a vécu assez longtemps pour voir aussi la béatification de son ami d’enfance, le 1er mai dernier.

Pendant plus de vingt ans, Kluger devint un « envoyé non-officiel » de Jean-Paul II en Israël, dans le dessin de travailler au rapprochement entre le monde juif et le monde catholique, souligne L’OR. Il a été une cheville ouvrière de la visite de Jean-Paul II à la synagogue de Rome le 13 avril 1986.

En avril 1989, Jean-Paul II chargea son ami, qui n’était jamais revenu dans leur ville natale, de le rperésenter à une cérémonie de commémoration organisée par la communauté juive à Wadowice, le 9 mai suivant pour rappeler la destruction de la synagogue par les nazis.

“Je me rappelle très bien la synagogue de Wadowice qui se trouvait près de notre lycée. J’ai encore dans les yeux les files des fidèles qui, claque jour de fête y allaient y prier”, écrit Jean-Paul II à son ami dans une lettre du 30 mars 1989.

Voilà la mission qu’il lui confie: “Si tu vas le 9 mai à Wadowice, tu dois dire à tous ceux qui seront rassemblés là, que je me souviens avec eux de leurs compatriotes et coreligionnaires assassinés et de ce lieu de prière qui a été détruit par les envahisseurs” (« L‘ami juif du pape », p. 87).

Anita Bourdin