« L'amitié » entre Benoît XVI et le président Napolitano

A propos du concert de Castelgandolfo

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ROME, vendredi 20 juillet 2012 (ZENIT.org) – Le président de la République italienne, Giorgio Napolitano, confie son « amitié sincère » et son « respect » pour le « très noble ministère » de Benoît XVI dans l’édition italienne de L’Osservatore Romano du 13 juillet 2012.

Lors du concert donné en l’honneur de la fête de Benoît XVI par le West-Eastern Divan Orchestra, le 11 juillet 2012, le maître Daniel Barenboim a révélé que M. Giorgio Napolitano avait été «l’architecte» de l’événement.

Accueilli par Benoît XVI à Castelgondolfo pour l’occasion, M. Napolitano s’était entretenu avec le pape et avait été convié au dîner, à l’issue du concert, avec son épouse.

Une « amitié sincère »

Evoquant cet évènement, M. Napolitano confie que sa relation avec Benoît XVI est « l’une des composantes les plus belles » de son expérience de président, depuis 2006.

Il révèle que s’ils ont tous deux « une grande affinité », et un « grand respect réciproque », cependant quelque chose de plus les unit : le président parle d’une « amitié sincère ».

« Nous nous sentons dans un certain sens proches, notamment parce que nous sommes appelés à gouverner des réalités complexes », fait-il observer, rappelant sa fonction « au sommet des institutions de la République italienne à un moment très, très difficile ».

Le pape également, en plus d’être un «chef d’Etat», est « surtout le guide de l’Eglise universelle », souligne-t-il, l’assurant de son respect « pour son très noble ministère, pour sa très haute mission ».

M. Napolitano, qui se dit « très reconnaissant » à Benoît XVI pour leurs rencontres de « grande simplicité humaine », évoque la nécessité de « faire prévaloir dans tout contexte de puissantes motivations de sérénité, de paix, de modération ».

« Je n’oublierai jamais le message qu’il nous a adressé à l’occasion du 150e anniversaire de l’unité de l’Italie: je le porte et je le porterai toujours avec moi comme héritage de mon mandat présidentiel », déclare-t-il.

Pour le président, « en Italie, Etat et Eglise, le peuple de la République et le peuple de l’Eglise, sont très profondément et intimement unis ».

Messagers de paix

M. Napolitano souligne par ailleurs que « les appels constants du Pape à la paix sont accueillis et partagés par de très nombreuses personnes dans le monde entier ».

Selon le président italien, « chacun fait ce qu’il peut » et le pape « peut faire beaucoup avec son inspiration, avec la constance de son action ».

D’où son initiative de faire se rencontrer deux hommes qui diffusent le même message de paix : Benoît XVI et Daniel Barenboim, co-fondateur du West-Eastern Divan Orchestra, qui fait chaque été une tournée internationale avec des musiciens de divers pays du Moyen Orient.

M. Napolitano entretient « un rapport fait d’admiration et d’amitié profonde » avec le chef d’orchestre israélien. Le président a même offert à l’orchestre le prix Dan David – 1 million de dollars – reçu en 2010 à Tel Aviv, pour son engagement pour la cause de la démocratie parlementaire et pour son courage et son intégrité intellectuelle.

Il se souvient d’« images merveilleuses » de concerts du West-Eastern Divan Orchestra : la musique, estime-t-il, « réussit à donner aux jeunes ce que malheureusement aujourd’hui encore, les gouvernements et la politique ne réussissent pas à donner, c’est-à-dire le sens de la paix, d’une participation, d’un partage de valeurs communes qui parlent de solidarité, de spiritualité ».

Lorsque M. Napolitano lui a parlé de cet orchestre, Benoît XVI « en a compris immédiatement l’importance », se rappelle-t-il.  Et il leur a fait « le grand don » de les accueillir chez lui : « ce fut un grand cadeau » fait aux musiciens, qui « ont été profondément touchés par une telle sensibilité », assure le président.