L'amour chrétien est modelé par la foi

Benoît XVI à l'assemblée de Cor Unum

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 1761 clics

« L’amour chrétien trouve fondement et forme dans la foi », rappelle Benoît XVI qui invite les personnes engagées dans les œuvres caritatives de l’Eglise à « se laisser orienter par les principes de la foi », foi qui est « le juste critère d’évaluation des expressions de charité ».

Le pape a en effet rencontré les participants de l’Assemblée plénière du Conseil pontifical Cor Unum – dicastère dit « de la charité du pape – samedi 19 janvier 2013, en la salle du Consistoire au Vatican. L’Assemblée, ouverte le 17 janvier, a eu lieu sur le thème « Charité, nouvelle éthique et anthropologie chrétienne » (cf. Zenit du 18 janvier 2013).

Appel au discernement

Benoît XVI a rappelé que « tout l’ethos chrétien reçoit son sens de la foi comme "rencontre" avec l’amour du Christ, qui offre un nouvel horizon et communique à la vie sa direction décisive ».

En ce sens, a-t-il ajouté, « l’amour chrétien trouve fondement et forme dans la foi » : « l’adhésion croyante à l’Evangile modèle en effet la charité selon sa forme typiquement chrétienne et en constitue le principe de discernement ».

C’est pourquoi, pour le pape, la foi donne une « dimension prophétique » à la charité. Cette dimension pousse le chrétien qui collabore avec les instances internationales à « ne pas fermer les yeux » face aux « graves idéologies » de la « réduction anthropologique » actuelle, qui unit « une vision matérialiste de l’homme » et un « prométhéisme technologique » en faisant « abstraction de Dieu ».

Dans cette idéologie, a dénoncé Benoît XVI, « ce qui est techniquement possible devient moralement permis, toute expérience se révèle acceptable, toute politique démographique licite, toute manipulation légitimée ».

Le pape est clair : le chrétien est appelé à « exercer une vigilance critique », à s’en remettre à « sa foi » et à son « sain discernement », quitte à parfois même « refuser des financements et des collaborations qui, directement ou indirectement, favorisent des actions ou des projets en contraste avec l’anthropologie chrétienne ».

Les Pasteurs de l’Eglise, quant à eux, « ont le devoir de mettre en garde contre ces dérives tant les fidèles catholiques que toute personne de bonne volonté et de raison droite », car « il s’agit d’une dérive négative pour l’homme, même si on la déguise de bons sentiments à l’emblème d’un présumé progrès, ou de présumés droits, ou d’un présumé humanisme ».

Un « oui » à la dignité de la personne

Plutôt que de décrire l’Eglise en position de contradicteur, Benoît XVI a fait observer qu’elle est « toujours engagée à promouvoir l’homme selon le dessein de Dieu, dans sa dignité intégrale, dans le respect de sa double dimension verticale et horizontale ».

La vision chrétienne de l’homme est donc « un grand oui à la dignité de la personne appelée à la communion intime avec Dieu, une communion filiale, humble et confiante », a-t-il poursuivi, reconnaissant la valeur du consensus international actuel sur « la dignité inaliénable de tout être humain et sur la responsabilité réciproque et interdépendante envers lui », à l’avantage « de la vraie civilisation, la civilisation de l’amour ».

Cependant, si « l’Eglise redit son grand oui à la dignité et la beauté du mariage comme expression d’alliance fidèle et féconde entre un homme et une femme », elle répond « non aux philosophies comme celle du gender » car « la réciprocité entre masculin et féminin est expression de la beauté de la nature voulue par le Créateur ».

Au contraire, « le piège le plus redoutable » du gender est « l’absolutisation de l’homme », qui « veut être dégagé de tout lien et de toute constitution naturelle ». Cette « négation radicale du fait que l’homme est créature et fils finit dans une solitude dramatique », a estimé le pape.

A ce sujet, le chrétien, « en particulier celui qui œuvre dans les organismes de charité, doit se laisser orienter par les principes de la foi », qui « fournit le juste critère d’évaluation des expressions de charité, dans le contexte actuel ».

Il s’agit en fin de compte d’adhérer au « point de vue de Dieu », d’apprendre « à ne plus vivre pour nous-mêmes, mais pour Lui, et avec Lui pour les autres ».