L'amour des pauvres et l'amour de Dieu c'est tout un

Congrès à Rome sur « Jésus notre contemporain »

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ROME, mercredi 22 février 2012 (ZENIT.org) -  « Les disciples d’hier et d’aujourd’hui se scandalisent parce qu’ils ne comprennent pas l’importance de la gratuité », qui se fonde pourtant sur « le rapport entre Dieu et les hommes » et que l’amour des pauvres et l’amour de Dieu c’est tout un.

C’est ce que fait observer M. Armand Puig Tarrech, professeur de Nouveau Testament à la faculté de théologie de Catalogne, dans son intervention au congrès « Jésus notre contemporain », organisé à Rome par le Projet culturel de la Conférence épiscopale italienne, du 6 au 9 février. Il explique que Jésus « échappe à tout misérabilisme en élargissant la définition  des pauvres ».

La vie de Jésus, précise-t-il, est « traversée par un rapport constant avec les pauvres, qui prennent souvent le visage de malades, dans leur corps et dans leur esprit » : en somme, les pauvres « sont ceux qui sont dans le besoin », quelle que soit la nature de leurs besoins.

Certes, « en matière de compassion, le disciple ne peut s’abstenir de pratiquer l’aumône » : le professeur Puig Tarrech tire de l’Evangile l’exemple de l’obole de la veuve, qu’ « il ne faut pas interpréter par rapport à la richesse ou à la possibilité de donner, mais à la gratuité et à la volonté de donner ce que l’on a ».

Selon l’universitaire, « le disciple ne doit pas mettre de hiérarchie entre l’amour de Dieu et l’amour des pauvres » parce que la proximité avec les pauvres « se fonde justement sur le primat de Dieu ». Et, conclut-il, « si l’on met l’amour du prochain à côté de l’amour de Dieu, le primat de Dieu n’est pas diminué pour autant ».

Mgr Ignazio Sanna, archevêque d’Oristano et membre de l’Académie pontificale de théologie, rappelle, quant à lui, la véritable signification de « l’option préférentielle pour les pauvres » : « La solidarité envers les pauvres est la première parmi d’autres formes de solidarité », dit-il, mais « il n’existe pas de contradiction entre l’option préférentielle pour les pauvres et l’universalité de l’amour divin ».

L’archevêque attire l’attention sur les différentes dimensions de la pauvreté. Tout d’abord la « pauvreté réelle », qui est dramatique parce qu’elle signifie souvent « insignifiance sociale » : elle est alors « marginalité, exclusion, non seulement du point de vue économique, mais aussi pour des raisons culturelles et sociales ».

« La pauvreté spirituelle », continue-t-il, a au contraire une valeur positive lorsqu’elle est une « confiance totale en Dieu et dans sa Providence » : on pourrait la définir comme « l’enfance spirituelle », c’est-à-dire « la capacité de remettre sa vie entre les mains de Dieu et de faire sa volonté ».

Mgr Sanna fait aussi remarquer que « l’on croit parfois être solidaire des pauvres en se faisant leur porte-parole, mais cela ne suffit pas : il faut faire en sorte que les pauvres eux-mêmes aient la parole ».

Pour faire face à l’ « égoïsme collectif », le cardinal Joseph Ze-Kiun, évêque émérite de Hong Kong, propose que l’on revienne « à une tradition de la générosité ». « Depuis le retour de Hong Kong sous la souveraineté de la Chine, explique-t-il, il y a un égoïsme collectif diffus : les enfants nés en Chine sont rejetés par les habitants de Hong Kong, et les travailleurs philippins, maltraités ». Et ceci vient du « mauvais exemple » que donne le gouvernement.

Les catholiques, précise le cardinal chinois, sont « une petite minorité », mais ils gèrent de nombreuses écoles qui sont « appréciées des parents parce qu’on y reçoit une bonne éducation ». Malgré cela, le cardinal manifeste sa « préoccupation » du fait d’une loi récente qui vise à « retirer aux catholiques leur contribution dans le domaine de l’éducation », à travers des comités de contrôle tenus par le gouvernement.

Traduction d’Hélène Ginabat