L’amour est beau, il transfigure tout, mais il est exigeant, affirme le père Nicolas Buttet

Entretien avec le fondateur de la Fraternité Eucharistein

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ROME, Vendredi 16 mars 2007 (ZENIT.org) – Au lendemain de la publication de l’Exhortation apostolique de Benoît XVI sur l’Eucharistie Sacramentum Caritas, issue du travail de la XIème assemblée générale du synode qui a réuni à Rome, du 2 au 23 octobre 2005, 250 évêques du monde entier, Zenit a demandé au père Nicolas Buttet, fondateur de la Fraternité Eucharistein, quelle est selon lui la portée de ce document.



« Pour moi, cette exhortation apostolique est lumineuse dans cette perspective là où tout découle de l’amour… l’amour est grand, il est beau, il transfigure tout, mais il est exigeant » affirme le père Nicolas Buttet.

« Ce qui est frappant chez Benoît XVI , c’est comme s’il résumait ou ramenait tout le mystère chrétien à son essence-même, à son cœur-même, qui est dans la parole de Jésus-Christ : C’est l’amour que Dieu nous a manifesté. Sa première encyclique était ‘Dieu est amour’ (Deus Caritas est), son exhortation est sur le sacrement de l’amour », explique-t-il.

Le père Nicolas Buttet poursuit en insistant sur l’exigence de l’amour « la seule qui puisse changer le monde ».

« Ce que l’on ne comprend pas aujourd’hui, déclare-t-il, c’est combien cet amour est exigeant et la Croix est le signe de cette exigence. Il y a évidemment un héritage que l’on a complètement oublié : c’est le témoignage des martyrs du XXème siècle. Ils sont des dizaines de millions à avoir été fidèles à cette charité jusqu’au bout, dans un camp de concentration, dans des lieux difficiles. Je crois que cette eucharistie qui est cette folie d’amour, déconcerte, amène à une exigence extraordinaire. Ce qui veut dire que s’il y a un célibat, une exigence liturgique, c’est parce que l’amour lui-même est exigeant. Il est grand, il est beau, il transfigure tout, mais il est exigeant ! »

« C’est une fois partis dans cette logique, que l’on peut alors comprendre quelles sont les exigences qui en découlent, poursuit-il. Et on finit par se rendre compte, quand on les vit, combien elles sont épanouissantes, et libératrices ; que le chrétien, finalement, ne choisit pas entre le facile et le difficile, mais entre la difficulté et l’autrement difficile, que ce soit l’amour au sein du mariage, qui est une exigence extrême de vivre jour après jour dans la fidélité, que dans le célibat, lui-même tout aussi exigeant, autrement exigeant ; et que cette exigence de l’amour est la seule qui puisse changer le monde ».

« Mais il y a toute une intelligence de l’amour qui doit être découverte, et elle se découvre non pas par des théories ou par des mots, mais par le visage de Celui qui est pendu sur le gibet de la croix. Et là on voit ce que veut dire aimer jusqu’au bout. Ce que Benoît XVI rappelle c’est ce grand mouvement d’amour qui saisit l’univers et qui saisit le cœur de l’homme, et dans lequel nous sommes appelés à entrer, portant en lui-même son exigence » ajoute-t-il.

Le père Nicolas Buttet conclut en expliquant ce que signifie réellement cette Exhortation apostolique sur l’Eucharistie.

« Pour moi, cette exhortation apostolique est lumineuse, déclare-t-il, dans cette perspective là où tout découle de l’amour. Mais si on a perdu le sens de l’amour, il est clair qu’il s’agit d’une série de dispositions et de mises au point, ou de recentrages comme certains l’ont dit dans les médias. Mais c’est perdre de vue l’élan vital qui soutient tout le pontificat de Benoît XVI : un amour vivant, vivifiant, exigeant, où Amour et Vérité s’embrassent : la seule réponse à la crise du monde actuel, à la crise du cœur de l’homme ».