L’appel de Benoît XVI à la paix à Ephèse, « absolument crédible »

Par le P. Lombardi

| 1062 clics

ROME, Mercredi 29 novembre 2006 (ZENIT.org) – L’appel du pape Benoît XVI à la paix est « absolument crédible » dans un lieu aussi simple que le sanctuaire marial d’Ephèse, explique le P. Lombardi.



Les quatre jours du voyage du pape Benoît XVI en Turquie sont « intenses, pas sans fatigue, mais fructueux », a déclaré le P. Federico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège, qui fait partie de la suite pontificale.

Au micro de Radio Vatican, le P. Lombardi a confié que « le climat a été, à Ephèse, extraordinaire, parce que c’est un lieu très pauvre et très beau ».

Une situation « complètement différente » de celle de la capitale Ankara, « une grande ville avec tous les problèmes des mégapoles » : « Ici, au contraire, nous sommes sur une colline, au milieu de la verdure, près de la mer : c’est vraiment un endroit splendide, qui inspire la sérénité. Et c’est donc un lieu approprié pour retrouver les racines simples de la foi chrétienne, grâce à la réflexion, la méditaiton d’une figure comme celle de la Vierge Marie. C’est aussi un lieu apte à montrer l’humanité et la simplicité de la vie chrétienne d’une communauté qui est petite, et effectivement pauvre, humble, par rapport au monde qui l’entoure. La figure de Marie peut en un certain sens être aussi une image, une inspiratrice pour une communauté chrétienne comme celle de l’Eglise catholique en Turquie, comme celle des chrétiens en Turquie ».

D’autre part, le P. Lombardi fait remarquer que ce n’est pas quelque chose qui « isole » le sanctuaire du monde qui l’entoure : « de nombreux musulmans apprécient la figure de Marie, la vénèrent et viennent en ce lieu ».

Ainsi, « en ce lieu des racines simples de la foi, da relation essentielle avec Dieu, on se retrouve encore plus unis, non seulement en tant que petite communauté catholique, et comme fidèles chrétiens, mais aussi avec les fidèles sincères qui cherchent Dieu aussi par des voies différentes, comme nos frères musulmans ».

Pour ce qui est de l’appel du pape à la paix, le P. Lombardi ajoute : « De ce lieu en fait je crois que l’appel du pape pour la paix, qui a été si important dans l’homélie d’aujourd’hui, - ‘paix pour Jérusalem, paix pour la Terre Sainte, Paix pour le monde entier’ - a un ton caractéristique, différent de celui que l’on pourrait avoir dans de très grandes assemblées, ou dans des lieux importants et solennels. A partir d’un lieu aussi simple, de la foi et de l’amour, mais en même temps aussi vrai, l’invitation à la paix est absolument crédible ».

Pour ce qui est de la première journée, mardi, le P. Lombardi a souligné que « les rencontres ont été plutôt sereines » : « Le pape, peut-être contrairement à ce qu’on aurait pu craindre les semaines précédentes, a été vraiment bienvenu. Il a été ressenti comme un hôte important, qui peut donner son appui moral aussi au peuple turc en un temps qui n’est pas facile pour celui-ci. Le pape a embrassé une grande perspective de paix au Moyen Orient, en particulier dans le discours au Corps diplomatique et dans l’homélie de ce matin. Mais aussi une perspective sur la Turquie en tant que pont entre l’Europe et l’Asie, les responsabilités et l’engagement de la Turquie pour la paix, dans la zone du Moyen Orient, son engagement actuel au Liban, et aussi l’effort de la Turquie pour se rapporcher de l’Europe, sur un chemin qui n’est pas facile : le pape apprécie en particulier l’effort de partage de principes et de valeurs, vers lesquels il faut marcher afin que ce rapprochement soit substantiel, significatif, durable. Benoît XVI a pu répéter les principes essentiels du dialogue avec les musulmans dans la confrontation avec une autorité importante, comme le président du Département pour les Affaires religieuses, M. Bardakoglu, mais étaient présents à cette rencontre aussi les deux Grands muftis d’Istanbul et d’Ankara : des personnalités significatives pour la communauté musulmane. Les principes du dialogue ont été répétés avec clarté par le pape, à partir du concile Vatican II et puis par toutes les prises de position de ses prédécesseurs, mais aussi par les positions que lui-même, surtout ces derniers mois, a manifestées à plusieurs reprises, de respect pour les musulmans, de partage de la foi dans le Dieu unique, de partage de la préoccupation de la dimension spirituelle de l’homme dans le monde sécularisé d’aujourd’hui. On a donc vu qu’il y a vraiment quelque chose sur lequel le dialogue peut continuer à travailler, en mettant en relief les aspects communs significatifs ».

Le P. Lombardi a également souligné le rappel répété et « très clair » du thème de la « liberté religieuse », un thème « qui doit être approfondi parce qu’il est présent dans la Constitution turque, celle d’un Etat laïc, qui garantit et exprime explicitement le droit à la liberté religieuse. Mais celle-ci se réalise peut-être plus pour le culte ou la vie spirituelle des individus, et un peu moins dans celle des communautés religieuses ».

Enfin, le Père Lombardi a fait allusion à un « moment du dialogue du pape avec le vice premier minsitre, où ont pu être abordés des problèmes concrets que les communautés catholiques peuvent vivre ici : ce qui concerne les propriétés, et leur personnel, et le vœu de voir se réaliser des rencontres entre le gouvernement et l’Eglise pour chercher de les affronter concrètement. Il s’agit donc de signes d’un chemin positif qui peut conduire aussi à des améliorations dans la vie des communautés catholiques ».