L’appel du pape à la paix dans le monde, réflexions de Mgr Parolin

Paix et développement : « redonner espoir aux pauvres »

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ROME, Mardi 13janvier 2009 (ZENIT.org) - Mgr Parolin espère que les paroles du pape aux responsables du monde encourageront les artisans de paix à s'engager avec un nouvel élan aussi pour le développement des plus pauvres.

A propos du message du pape Benoît XVI au Corps diplomatique, le 8 janvier dernier, le sous-secrétaire du Saint-Siège pour les Relations avec les Etats, Mgr Pietro Parolin, a insisté au micro de Radio Vatican sur l'appel du pape à la paix dans le monde et son exhortation, pour arriver à la paix, à « redonner espoir aux pauvres » (cf. Zenit du 8 janvier 2009).

« Le pape, a fait observer Mgr Parolin a renouvelé cet appel parce que paix et développement sont des valeurs essentielles pour l'homme et pour la femme de tout temps et de toute latitude. Ce sont toujours des objectifs à atteindre, jour après jour. Dans un certain sens, cela reste des chantiers ouverts dont dépend l'avenir même de le coexistence humaine. En dépit de nombreux efforts pour la paix, tant désirée, elle est encore lointaine. Et s'il n'y a pas de paix, la sécurité aussi est en danger. La sécurité n'est pas garantie seulement par le silence des armes, mais aussi par le respect de la dignité humaine, le respect des droits humains, le respect des libertés fondamentales. Comme le disait Paul VI, déjà dans son encyclique « Populorum Progressio », que Benoît XVI a citée dans son discours, le développement est plus que jamais aujourd'hui le nouveau nom de la paix ».

Or, le pape demande aussi l'adoption de « stratégies » efficaces contre la faim, mais les gouvernements en ont-ils les moyens et la volonté ? « Oui, estime Mgr Parolin, je crois que les gouvernements sont en mesure d'adopter ces stratégies efficaces pour combattre la faim, faciliter le développement agricole, même s'ils sont conscients que les résultats ne dépendent pas seulement de l'effort et de l'engagement des gouvernements. Surtout, j'espère que les paroles par lesquelles le pape a décrit les problèmes économiques encourageront tous les hommes qui ont à cœur la paix à s'engager avec un nouvel élan au service de leurs frères plus pauvres en difficulté ».

Pour ce qui est des persécutions dont les chrétiens sont victimes dans le monde actuel, Mgr Parolin a fait observer : « Pour juguler les persécutions contre les chrétiens, les autorités politiques et civiles devraient avant tout s'employer à mettre fin à toute violence ».

Plus encore, Mgr Parolin appelle à la « réparation » : « Ils devraient réparer les dommages provoqués, en particulier aux lieux de culte mais aussi aux propriétés des chrétiens ».

Sur la question de fond, il pose ce diagnostic : « Il faut éduquer au respect de toutes les religions, en bannissant toute forme de haine et de mépris ».

Et Mgr Parolin, à la suite de Benoît XVI, ne parle pas seulement des pays de l'Asie ou de l'Afrique, mais aussi de l'Occident et du concept de « laïcité » : « Dans le monde occidental, a-t-il fait remarquer, les autorités devraient promouvoir un concept positif de laïcité qui écoute les raisons de la religion, avec cette conviction que la religion a une contribution positive et indispensable à offrir à la liberté et à la démocratie ».

Pour ce qui est de l'Asie et de l'Amérique latine, Mgr Parolin a souligné le rôle de l'Eglise et spécialement des laïcs : « L'Eglise doit continuer à consacrer ses ressources et ses énergies pour les populations qui vivent dans le continent asiatique et en Amérique latine. Cela a été le cas et cela continuera à l'être parce que l'Eglise est universelle dans son essence et par conséquent nul ne lui est étranger. Elle continuera à marcher avec les peuples de l'Asie et à les accompagner. Elle continuera à marcher et à accompagner les peuples d'Amérique latine, en partageant leurs espérances et leurs préoccupations, en éclairant les consciences et en formant les fidèles laïcs à se mettre au service du bien commun ».