L'apport « révolutionnaire » du christianisme dans la démocratie

Intervention de Mgr Tomasi à Rimini

| 917 clics

Antonio Gaspari

Traduction d’Anne Kurian

ROME, lundi 27 août 2012 (ZENIT.org) – L’apport « révolutionnaire » du christianisme dans la démocratie est la « fraternité », estime Mgr Tomasi.

Mgr Silvano Maria Tomasi, Observateur permanent du Saint-Siège aux Nations-Unies à Genève, est intervenu au cours d’une rencontre sur le thème « Exigence de justice à la racine de la démocratie », le 23 août 2012, dans le cadre du rassemblement de Rimini (Italie) organisé par le mouvement Communion et Libération (cf. Zenit du 20 août 2012).

Pour Mgr Tomasi, « le christianisme peut donner un apport original pour la reconstruction des sociétés démocratiques : il s’agit de la fraternité, mot cité 19 fois dans les écrits du Nouveau testament, avec le terme grec koinonia, communion de l’un avec l’autre dans l’unique corps du Christ ».

Même si la « compréhension religieuse du terme » n’est pas accessible à tous, son message est « pratique », affirme l’archevêque : en effet, « la communion implique la participation profonde, le partage, l’ensemble des éléments qui créent un lien avec le prochain à travers des expériences et des objectifs communs en vue d’atteindre un bien plus grand ».

La fraternité n’est pas seulement « à but économique et matériel », précise-t-il, elle peut même être « révolutionnaire dans son originalité », dans le sens où « elle donne de façon effective une valeur réelle à chaque personne, indépendamment de son état ».

« Si cette fraternité ne se réalise pas, la gestion de la mondialisation en cours devient ambiguë, problématique, injuste », déplore Mgr Tomasi : avec la fraternité au contraire, « l’avenir commun des hommes, au lieu d’être hypothéqué dans un relativisme de convenance, peut devenir une expérience de succès ».

Ce succès advient dans la mesure où « les ambiguïtés de la liberté et de l’égalité sont éliminées » et où « l’authentique aspiration vers l’infini, qui est le signe le plus précieux de l’humanité, continue à stimuler vers une participation vivante de tous dans la communauté locale, nationale et mondiale », souligne l’archevêque.

« Ainsi, conclut-il, les exigences de justice pour la vraie démocratie se réalisent et ouvrent un horizon plus large que celui de la justice, un horizon qui est l’amour ».