L'archevêque de Cantorbéry a annoncé sa retraite

Portrait robot du pasteur selon le coeur de Dieu

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Anita Bourdin

ROME, mardi 20 mars 2012 (ZENIT.org) - L’archevêque de Cantorbéry, l’archevêque Rowan Williams, a annoncé sa retraite comme primat de l’anglicanisme il avait, le 10 mars, à Rome, proposé le portrait robot du pasteur selon le cœur de Dieu. Qui peut-être prend toute sa valeur à la lumière de cette décision.

Le samedi 10 mars, il était à Rome, il présidait en effet les vêpres aux côtés de Benoît XVI en l’église Saint-Grégoire et il faisait une homélie trahissant une grande sensibilité pour la vie monastique (cf. Zenit de 13 mars 2012, pour l'article et pour le texte intégral, en document).

L'archevêque de Cantorbéry quittera ses fonctions à la fin de l’année pour prendre la tête du « Magdalene college » à l’université de Cambridge.

 Il était à la tête de l’anglicanisme depuis 2002. Il a annoncé sa décision vendredi 16 mars, reconnaissant que cette décision n’avait « pas été facile ».

Le Premier ministre britannique David Cameron a salué le rôle joué par Rowan Williams qui a guidé l'Église anglicane pendant une période de « défis » et de « changements » et qui a cherché à favoriser « l’unité » des différentes communautés.

A Rome, il avait brossé ce portrait robot du pasteur selon l’Evangile : « Nous prions pour tous ceux qui sont appelés à exercer un ministère public dans l’Eglise du Christ, pour que leur soit donnée, dans leur témoignage, la grâce de la discipline contemplative et de la clarté prophétique afin que la gloire de la croix du Christ illumine notre monde, même au milieu de nos faiblesses et de nos échecs ».

Il avait aussi souligné que l’humilité est la clé de tout ministère fidèle ». L’archevêque anglican a commenté l’enseignement du pape Grégoire à propos des responsables de l’Eglise : « Saint Grégoire le Grand a beaucoup parlé des tentations et des combats propres à ceux qui sont appelés à remplir une fonction ministérielle dans l’Eglise de Dieu. Etre appelé à son service, c’est être appelé à souffrir de diverses manières – le tourment de la compassion, ainsi qu’il le nomme, la conscience quotidienne des besoins urgents des hommes, corporels et spirituels, et le tourment des éloges, de la flatterie et du statut ». Un aveu ?

Il s’en référait à l’enseignement de saint Grégoire marqué, faisait-il observer, par son expérience de moine : « L’humilité est la clé de tout ministère fidèle, une humilité qui cherche sans cesse à être immergée, impliquée, dans la vie du Corps du Christ, sans chercher un héroïsme ou une sainteté individuels. Et c’est cette humilité que l’auteur de la première vie de saint Grégoire, écrite en Angleterre au début du huitième siècle, place en tête de la liste des vertus du saint ; il l’associe au don de « prophétie » qui lui permettait de voir ce dont le peuple anglais avait besoin et de répondre en envoyant, de Rome, la mission de saint Augustin. Saint Grégoire lui-même fait d’ailleurs la même association entre l’humilité et la prophétie dans les Dialogues. »