L'archevêque de Cantorbéry, ami de saint Ignace

"Beaucoup à apprendre" du pape François

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 1091 clics

Le nouvel archevêque de Cantorbéry, Justin Welby, est proche de la spiritualité ignatienne : un aspect qui le rapproche du nouveau pape, duquel il a « beaucoup à apprendre », affirme-t-il.

L’anglican Justin Welby a été intronisé 150e archevêque de Cantorbéry, ce jeudi 21 mars 2013. Il succède à Rowan Williams, qui a dirigé l'Eglise d'Angleterre de 2002 à 2012.

Une délégation du Saint-Siège était présente à l'événement, sous la conduite du cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens.

Ancré dans la spiritualité ignatienne

L’archevêque anglican a confié, au micro de Radio Vatican, qu’il était engagé, avec son épouse, dans le Chemin Neuf, une communauté nouvelle catholique à vocation œcuménique, née en France et enracinée dans la spiritualité ignatienne (cf. http://www.chemin-neuf.org).

« J'ai travaillé avec eux autour des théories de la réconciliation », a-t-il expliqué, précisant avoir été « grandement influencé par leur spiritualité ignatienne, tout comme ma femme ».

Ancré dans cette spiritualité ignatienne, le nouveau chef de la Communion anglicane estime qu’il a « beaucoup à apprendre du pape François, premier pape jésuite ».

« J'espère vous rencontrer prochainement afin de poursuivre les relations fraternelles chaleureuses développées par nos prédécesseurs », lui a écrit le pape François dans un message pour son intronisation.

Approfondir l’enseignement social catholique

Le nouvel archevêque a également fait part de son intérêt profond pour l'enseignement social catholique, appelant même à l’approfondir et l’enseigner : « Vous avez gardé l'enseignement social catholique trop bien caché », fait-il observer, déplorant que « beaucoup de catholiques n’en connaissent pas grand-chose ».

Pour l’archevêque en effet, « c’est l'un des plus grands trésors que les Églises ont à offrir au niveau mondial ». A partir de Rerum Novarum à la fin du 19e siècle jusqu’au "développement remarquable" sous Jean-Paul II et Benoît XVI, en passant par Vatican II, ce travail présente « une pensée exhaustive » sur la façon « d’ordonner la société d'une manière qui reflète la doctrine chrétienne, les valeurs chrétiennes: l'amour, l'intégrité de Jésus-Christ », a-t-il souligné.

Cet « énorme trésor » est même selon l’archevêque un moyen de rapprocher l'Eglise catholique et la Communion anglicane : « je pense que cela va nous mener à une coopération beaucoup plus étroite ».

Un proche de saint Benoît

L’archevêque Justin Welby a aussi une « profonde gratitude » pour les traditions spirituelles catholiques. Il a été notamment Oblat de l'Ordre bénédictin (branche anglicane) pendant plusieurs années.

« J'ai lu un peu de la Règle chaque jour… Je trouve Benoît si plein de bon sens, de perspicacité et de défi ».