L’archevêque de Turin dresse un bilan de la visite de Benoît XVI

Interview sur Radio Vatican du cardinal Severino Poletto

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ROME, Mardi 4 mai 2010 (ZENIT.org) - Au lendemain de la visite pastorale de Benoît XVI à Turin, le 2 mai dernier, le cardinal Severino Poletto, archevêque de la ville, est revenu sur ce pèlerinage du pape qu'il a considéré comme « le moment le plus fort de toutes ces 6 semaines d'ostension ».

Sur les ondes de Radio Vatican, l'archevêque de Turin a évoqué les messages, les discours, les visites du pape durant cette journée, soulignant combien Benoît XVI avait invité les fidèles à voir le Linceul « comme une grande occasion de renouvellement de la vie chrétienne et d'attention aux personnes souffrantes, aux pauvres, aux problèmes de la ville ».

La visite de Benoît XVI à Turin « laisse une perception de proximité de la ville avec le pape et du pape avec la ville », a-t-il affirmé. « J'oserais presque dire que le pape s'est fait citoyen de Turin et qu'il s'est fait pasteur d'une communauté chrétienne forte ». Turin « a senti un pape proche de sa réalité et de ses problèmes par le cœur, par la parole, par l'affection... », a-t-il salué.

Evoquant la messe célébrée par le pape à son arrivée à Turin, dans la matinée du 2 mai, le cardinal Poletto s'est dit particulièrement marqué par le « silence » de la messe. Un sentiment confirmé par le pape qui lui a confié, dans la papamobile qui le menait ensuite à l'archevêché pour le déjeuner, avoir vécu une « messe magnifique », évoquant particulièrement son « recueillement » et ses « beaux chants ».

« Cela a vraiment été une célébration vécue avec foi, dans le recueillement », a ajouté le cardinal italien. « Avec autant de personnes, on entend normalement un bruit de fond, les personnes qui bougent. Et là, au contraire, il y avait un tel silence que l'on avait l'impression d'être dans une célébration d'exercices spirituels ».

Durant sa rencontre avec les jeunes, a poursuivi le cardinal Poletto, le pape a montré « la nécessité d'affronter la vie avec le courage d'aller à contre-courant et de savoir que la vie est une chose sérieuse, capable d'engagements définitifs ».

Le silence de Dieu éclairé par la résurrection

En fin d'après-midi, le pape s'est rendu dans le Dôme de Turin pour vénérer le Saint-Suaire. Au cours de sa méditation, le pape, « en partant de la réalité du Samedi Saint - la réalité du silence, de l'obscurité de la mort, du silence de Dieu - a voulu rappeler et lier l'expérience que Jésus a faite durant sa descente aux Enfers, c'est-à-dire dans l'abysse de la mort, avec les événements de l'humanité du siècle dernier : la bombe atomique, Hiroshima et Nagasaki, les goulags et les camps de concentration, la Shoah et ainsi de suite ».

Benoît XVI a ainsi voulu mettre en évidence « la manière dont le silence de Dieu est éclairé par la lumière de la résurrection et comment la lumière de la résurrection (...) a profondément éclairé la signification de la souffrance, de l'abandon ».

Saluant l'accent mis par le pape sur le sang : « Le Linceul est une icône écrite avec du sang ; le sang d'un homme flagellé, couronné d'épines, crucifié et blessé au côté droit », le cardinal de Turin a évoqué le Saint Suaire comme « un négatif photographique qui une fois développé devient positif. Notre vie aussi a un positif et un négatif : elle est joie et souffrance », a-t-il affirmé.

Marine Soreau