L'art et la beauté unissent l'Orient et l'Occident

Exposition du peintre russe Valery Kharitonov

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Antonio Gaspari

Traduction d’Océane Le Gall

ROME, mercredi 16 mai 2012 (ZENIT.org) –   L’art et la beauté sont capable  « d’unir l’Orient et l’Occident et de les faire dialoguer dans un face-à-face vraiment fécond et attirant » : c’est la conviction que les premiers visiteurs de l’exposition ont eue en regardant les peintures de l’artiste russe Valery Kharitonov, exposées à Rome jusqu’au 8 juin.

« A Ton Nom » est le thème de l’exposition inaugurée lundi 14 mai au Palais de la Chancellerie, organisée sous l’égide du Conseil pontifical de la culture, du Conseil patriarcal pour la culture (Patriarcat de Moscou), du Centre culturel russe de Rome (Rossotrudničestvo) et du Centre culturel « Bibliothèque de l’Esprit » de Moscou. Le 30 mai, l’exposition sera transférée au centre culturel russe et elle y restera jusqu’au 8 juin.

Valery Kharitonov est un artiste moderne, qui conjugue avec brio l’art byzantin et l’art de la Renaissance. Né en 1939 et diplômé à la faculté des Arts de l’Institut du cinéma, il a commencé à peindre à la moitié des années soixante en s’inspirant des thèmes de la Divine comédie de Dante Alighieri qui, comme il le dit lui-même, l’ont conduit à « connaître et approfondir les thèmes chrétiens. »   

Puis, après sa série de peintures et dessins sur la Divine comédie, il est passé à des cycles sur le « Verbe évangélique » auxquels est consacrée l’exposition « A Ton Nom », fruit d’une collaboration entre l’Italie et le Centre culturel de Moscou « Bibliothèque de l’Esprit ».

En présentant l’exposition, Jean-François Thiry, le directeur de la « Bibliothèque de l’Esprit » a transmis aux visiteurs les vœux du patriarche de Moscou, Alexis II, que cette exposition puisse aider à « mieux faire connaître la nouvelle vague artistique de la Russie » et  à « transmettre de cœur à cœur, la recherche de la vérité et les pensées sur Dieu et sur les hommes ».

Présent à la cérémonie, le cardinal Paul Poupard, président émérite des Conseil pontificaux de la culture et pour le dialogue inter-religieux, s’est dit heureux de pouvoir présenter une exposition qui, une fois encore, prouve que «  la beauté sauvera le monde ».

« L’art est capable d’unir l’Orient et l’Occident (…)  de faire dialoguer Moscou et Rome », a t-il expliqué, rejoint dans ses propos par Mgr Barthelemy Adoukonou, secrétaire du Conseil pontifical de la culture, qui attribue effectivement à l’art de Kharitonov  cette capacité à « faire dialoguer et conjuguer ensemble l’Orient et l’Occident, l’antiquité et la modernité, tradition et nouveauté, dans un face-à-face vraiment fécond et attirant ».

« Je souhaite vivement, a ajouté celui-ci, que cette manifestation puisse contribuer à faire progresser la conscience d’un patrimoine de foi et d’art commun et incontournable, mais également le dialogue entre les Eglises et les institutions qui s’engagent à édifier une Europe des peuples et à lui donner une vraie âme, une authentique mission de progrès humain et de paix ».

Mgr Adoukonou a souhaité également que le désir de l’artiste et des organisateurs de l’exposition de projeter et réaliser cet événement en étroite collaboration avec le Saint-Siège, dans le cadre d’un dialogue aussi bien religieux qu’artistique, « ne cesse de grandir », nourri de « tant de nouvelles occasions ».

Commentant les œuvres de l’artiste, le secrétaire du dicastère romain a dit y voir  «  une claire et évidente influence de la vision spirituelle de l’orthodoxie mais également tout l’héritage chrétien de l’Occident » dont la spécificité commune est de s’exprimer dans un cadre esthétique et artistique ».

« Dans son œuvre, Kharitonov arrive à évoquer, grâce au langage des matériaux, des couleurs et des formes contemporaines, a-t-il conclu, les grands récits bibliques, faisant ressortir avec force ce que nous appelons les racines chrétiennes communes de l’Europe ».

Le P. Igor, de l’Eglise orthodoxe russe, s’est dit heureux de cette exposition qui constitue, selon lui, «  un beau moment de rencontre entre catholiques et orthodoxes ». Rappelant que « l’art et la beauté son un don de Dieu », il espère que la religion fortifiera l’artiste pour « favoriser la volonté de Dieu et faire le bien sur terre ».

Dans la préface du catalogue de l’exposition, l’artiste russe a écrit : « La peinture, c’est comme le moisi, elle apparaît dans les endroits spirituellement plus stériles, continuant  obstinément à parler la langue d’il y a 100 ou 150 ans ».

« Une langue, a-t-il ajouté, qui s’est formée dans l’espace du sacré. Une langue qui s’adressait à la lumière incréée ».