L'art, instrument d'évangélisation, par Mgr Fisichella

"L'art est représentation du Christ lui-même"

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ROME, lundi 16 janvier 2012 (ZENIT.org) – Mgr Rino Fisichella invite à considérer l’art comme instrument pour la nouvelle évangélisation. Car l’art est « représentation du Christ lui-même » et il est un langage « immédiat » qui va « au-delà » du langage théologique.

Le Bureau des communications sociales du vicariat de Rome, a tenu une conférence sur le thème « Le chemin de la beauté pour une nouvelle évangélisation » samedi 13 janvier 2012, dans la salle Rossa du Palais apostolique du Latran. Trois intervenants au programme : Mgr Rino Fisichella, président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, l’architecte Paolo Portoghesi, enseignant à l’Université Sapienza de Rome et Marco Tarquinio, directeur du journal Avvenire.

Les intervenants ont abordé le thème de l’évangélisation dans le monde contemporain, à travers trois différentes perspectives : théologie, art et communication, par le chemin de la beauté, “qui conduit à celui qui est, selon saint Augustin, la Beauté si ancienne et toujours nouvelle”.

Pour Mgr Fisichella, interrogé par Zenit, la représentation de l’Evangile est “représentation du Christ lui-même, du mystère du salut qui dépasse la mort pour exprimer l’amour et la vie”. Le théologien et le philosophe, ajoute l’archevêque, “doivent reconnaître que le langage de l’art est un langage plus immédiat, qui va très au-delà, dans la communication, de ce que peuvent faire la philosophie et la théologie”.

“Le christianisme des origines, explique en ce sens l’archevêque, a eu un rapport privilégié avec l’art.” En effet, en vingt siècles d’histoire, “l’art n’a rien fait d’autre que d’exprimer et de communiquer la beauté de l’Evangile, par des chefs-d’œuvre de musique, de poésie, de peinture et de sculpture”

Durant longtemps, poursuit Mgr Fisichella, “la théologie a communiqué seulement avec la philosophie". Ce qui “a été, d’une part, positif car les contenus ont été approfondis”, mais, d’autre part, ceci “a appauvri la présentation de l’Evangile à une simple science”.

“Je crois, insiste l’archevêque, qu’il est important de ne pas oublier que dans le dialogue entre le théologien et le philosophe, la présence de l’artiste est nécessaire, car l’Evangile ne peut pas être seulement écouté, l’Evangile est une personne, qui doit être vue !”.

La beauté, souligne l’archevêque, “par sa nature même, nous enchante et nous fait nous arrêter, comme le mystère de la foi, qui est contemplé et vécu”. ”Dans une époque comme la nôtre, ajoute-t-il, où il semble que la beauté manque, la re-proposer est une ‘provocation’ nécessaire sur laquelle il faut s’arrêter et réfléchir”.

Selon Mgr Fisichella, retrouver la route de la beauté signifie “retrouver, d’un point de vue théologique, le chemin de la contemplation”. C’est pourquoi, la route de la beauté est “une route maîtresse”.

«Le colloque a souhaité approfondir les raisons théologiques et culturelles qui animent le projet Porte vers l’infini », précise pour Zenit le P. Walter Insero, responsable du Bureau des communications sociales et directeur du projet. Benoît XVI avait lui-même invité, au colloque diocésain de juin dernier, à cheminer sur la voie de l’art pour se rapprocher de la foi.

Ce colloque était le premier d’une série de rencontres au sein du projet Une porte vers l’infini en 2012. L’initiative a commencé le 22 décembre 2011 avec deux concerts de musique de Mendelssohn et Schumann, dans l’Eglise des Artistes, place du Peuple, avec la participation du Chœur du théâtre de l’Opéra de Rome. Pour 2012, est prévu un calendrier d’évènements relatifs à la musique, au théâtre, au cinéma et aux arts figuratifs.

Pour plus d’informations sur le programme, et les dates des évènements, consulter le site : http://www.romasette.it/sito_ucs/ucs/

Salvatore Cernuzio
Traduction de l’italien par Anne Kurian