L’athée qui nie l’existence de Dieu juge un monde qu’il ne connaît pas

Première prédication d’Avent du P. Raniero Cantalamessa

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ROME, Vendredi 3 décembre 2010 (ZENIT.org) - Le scientifique athée qui nie l'existence de Dieu, juge en réalité un monde qu'il ne connaît pas. « Pour voir Dieu, il faut ouvrir un oeil différent », a expliqué le P. Raniero Cantalamessa O.F.M. Cap., ce matin, dans sa première prédication de l'Avent, en présence du pape et de la curie romaine, dans la Chapelle Redemptoris Mater, au Vatican.

Le prédicateur de la Maison pontificale a expliqué que ses trois méditations de l'Avent sont une « contribution » à « la nécessité pour l'Eglise d'une ré-évangélisation, qui a conduit le Saint-Père Benoît XVI à fonder le 'Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation' et à proposer comme thème de la prochaine Assemblée générale ordinaire du synode des évêques (...) 'La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne' ».

Le P. Cantalamessa a choisi de développer trois « obstacles de fond » qui « rendent de nombreux pays d'antique tradition chrétienne 'réfractaires' au message évangélique » : le scientisme, la sécularisation et le rationalisme. Dans cette première prédication, il s'est penché sur le scientisme.

Pour illustrer le fait que, selon lui, le scientifique athée n'est pas apte à dire si Dieu existe ou non, le P. Cantalamessa a proposé une « fable ».

« Il existe des oiseaux nocturnes, comme le hibou et la chouette, dont l'oeil est fait pour voir de nuit dans l'obscurité, pas de jour, a-t-il raconté. La lumière du soleil les aveuglerait. Ces oiseaux savent tout et se déplacent à l'aise dans le monde nocturne, mais ne savent rien du monde diurne ».

« Supposons qu'un aigle se lie d'amitié avec une famille de chouettes et leur parle du soleil : comment il éclaire tout, comment sans lui tout plongerait dans l'obscurité et le gel, comment leur monde nocturne même n'existerait pas sans le soleil, a-t-il poursuivi. La chouette ne pourrait que répondre : 'Tu racontes des histoires ! Jamais vu votre soleil. Nous nous déplaçons très bien et nous nous procurons de la nourriture sans lui ; votre soleil est une hypothèse inutile et donc n'existe pas' ».

« C'est exactement ce que fait le scientifique athée quand il affirme : 'Dieu n'existe pas'. Il juge un monde qu'il ne connait pas, applique ses lois à un objet qui se trouve hors de sa portée. Pour voir Dieu, il faut ouvrir un oeil différent, il faut se risquer hors de la nuit », a souligné le prédicateur capucin.

Le P. Cantalamessa a expliqué qu'il y a un aspect du scientisme qui exerce une « incidence directe et décisive » sur l'évangélisation. C'est « la place de l'homme dans la vision du scientisme athée » selon laquelle l'homme est totalement marginal et insignifiant dans l'univers. La vision chrétienne affirme en revanche que l'homme a été créé « à l'image et à la ressemblance de Dieu ».

Le prédicateur a souligné que « la marginalisation de l'homme entraîne automatiquement la marginalisation du Christ du cosmos et de l'histoire ».

« Noël est l'antithèse la plus radicale de la vision scientiste », a-t-il ajouté, car « à Noël nous entendrons proclamer solennellement » que « par lui tout a été fait ».

Dans la vision chrétienne, la dignité et la vocation de l'homme ont été traduites par ce que la théologie grecque a défini comme « la divinisation de l'homme » par le Christ, et la théologie latine comme le rachat de l'humanité.

« Serons-nous capables, nous qui aspirons à ré-évangéliser le monde, de dilater notre foi jusqu'à ces dimensions vertigineuses ? Croyons-nous vraiment, de tout notre coeur, que 'tout a été fait par le Christ et pour le Christ' ? » s'est interrogé le P. Cantalamessa.

Gisèle Plantec