L’Eglise a toujours été aux côtés des migrants, estime Mgr Vegliò

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ROME, Mardi 23 juin 2009 (ZENIT.org) - « Comment l'Eglise (...) pourrait se taire face à la tragédie de l'émigration », s'est interrogé Mgr Antonio Maria Vegliò, président du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, en soulignant la « sollicitude pastorale » de l'Eglise pour les migrants.

Le 22 juin, sur Radio Vatican, Mgr Vegliò a souligné combien « l'Eglise a toujours été aux côtés des migrants, surtout là où les flux migratoires font majoritairement ressortir des situations dramatiques et, parfois aussi, de nouveaux esclavages ».

« Face à ce phénomène, l'Eglise montre une sollicitude pastorale spéciale, parce qu'elle n'y voit pas que des données statistiques, mais aussi la présence de femmes et d'hommes, personnes âgées et enfants », a-t-il affirmé. « Comment l'Eglise, qui est « experte en humanité » selon la belle définition de Paul VI, pourrait se taire face à la tragédie de l'émigration, volontaire ou forcée ? »

Pour Mgr Vegliò, « l'Eglise, protège avant tout et encourage la dignité de la personne humaine, abstraction faite de son statut juridique, régulier ou irrégulier ». Elle encourage aussi « l'esprit d'accueil et de solidarité de la société d'arrivée, à la lumière du message chrétien ».

Tout cela se mêle à « des domaines particulièrement difficiles, où la valeur multiculturelle et multireligieuse est en forte augmentation », a-t-il aussi précisé. « L'Eglise affronte donc de nombreux défis », a-t-il souligné en évoquant le défi « social », « religieux » et « pastoral ».

Mgr Vegliò a aussi évoqué la « mondialisation » actuelle qui « met en lumière un paradoxe déconcertant : d'une part cela accélère la liberté de transfert de biens et capitaux, mais cela fait obstacle, d'autre part, aux mouvements des personnes, mettant en danger ce droit fondamental de l'homme qu'est la liberté de mouvement ».

Le président du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement a invité chaque Etat à « prévoir des mesures claires et réalisables pour réguler les entrées dans son propre pays » et à s'engager à « promouvoir des initiatives d'intégration et toutes ces formes de vie en commun sociale, culturelle et religieuse que chaque société plurielle exige ».

Dans cette interview, le haut prélat a aussi regretté « une nouvelle rhétorique au niveau culturel, qui voit les migrants comme responsables des crises sociales et des nouvelles peurs collectives et, assez souvent, aussi comme une menace à la sauvegarde des identités nationales ».

Alors que « de nombreux pays sont devenus, depuis longtemps, multiethniques », l'Eglise, « à côté des structures traditionnelles de l'assistance pastorale, a donné vie à des structures pastorales ‘pluriethniques' ou ‘multiethniques' », a-t-il enfin expliqué.

« Ainsi, les différentes identités culturelles non seulement se conservent, mais contribuent aussi à un enrichissement réciproque, avec un approfondissement des valeurs », a-t-il affirmé, « sans naïvement cacher qu'il y a aussi des conflits et des tensions à affronter et à dépasser ».

Marine Soreau