L'Eglise dans le monde actuel, par le card. Sistach

« Dans la société du dialogue et de la cohabitation »

Rome, (Zenit.org) Jill Carnà | 575 clics

«  Que serait Rome ou Barcelone sans les paroisses et les églises ? Sans la présence des chrétiens dans le monde, qu’en serait-il des enfants, de l’éducation, des universités ? », s’interroge l’archevêque de Barcelone, le cardinal Lluis Martinez Sistach, dans son nouveau livre « Les chrétiens dans la société du dialogue et de la cohabitation », publié par la Maison d’éditions du Vatican. Il répond: « on aurait une société pauvre ! ».

Son livre a été présenté mercredi dernier, 29 mai, à l’Institut Patristique Augustinianum, par le cardinal Agostino Vallini, vicaire du pape pour le diocèse de Rome, l’historien Mgr Vicente Cárcel Ortí, Antonio Pelayo, le correspondant de Rome de la télévision espagnole Antena 3 TV, et le directeur de l’Institut Cervantes de Rome, Sergio Rodriguez.

Le cardinal Sistach a rassemblé dans son livre une série de discours tenus entre 1986 et 2012, soit 15 essais dans lesquels il revendique tout particulièrement la présence publique de la religion et de l’Eglise catholique dans la société. 

Il y développe des thèmes comme la pauvreté, l’immigration, la mondialisation, et les problèmes liés à la vie dans les métropoles, tout en offrant un regard avisé sur des questions ayant trait à la laïcité de l’Etat et aux relations entre l’Eglise et la société civile.

Selon le cardinal Vallini, il ne s’agit pas d’un livre didactique mais d’un recueil de discours tenus par un chercheur qui enquête sur la réalité.

On y trouve par ailleurs des thèmes comme « la présence des chrétiens et l’évangélisation dans une vie mondialisée et multiculturelle, vivre sa foi dans la ville, et le Vatican dans le dialogue avec les pauvres ». Le tout traduit dans un langage accessible, en vertu de la grande expérience du cardinal Sistach dans le monde des associations et des laïcs, comme l’a rappelé le vicaire du diocèse de Rome.

Le cardinal Sistach a précisé que, depuis que le Concile Vatican II a fait don de ses documents, la question de la présence des chrétiens dans la société, du dialogue interreligieux et de la coexistence avec les autres cultures, ont toujours suscité chez lui un intérêt particulier.

Selon lui, l’Eglise exerce une fonction « nutritive » et c’est pour cette raison que sa présence publique est souhaitable pour la société.

Le cardinal Vallini a aussi évoqué le thème des laïcs et de leur action dans divers domaines de la vie qui « est un thème dont tout le monde parle avec passion et intérêt, mais qui suscite beaucoup de questions ».

Qui est le laïc ? Qui est le laïc dans l’Eglise ? Quel est son rôle et sa fonction ? 50 ans après le Concile Vatican, on pourrait répondre à ces questions, dit-il, à la lumière de Lumen Gentium 31 et de Gaudium et Spes.

Le vrai problème, a expliqué le cardinal Vallini, est la question du laïc en action. « Naturellement, il existe aujourd’hui des présences laïques très mûres, des présences engagées dans divers domaines de la vie, voire sociale et politique, mais je crois que l’Eglise doit encore faire un effort pour aider à la former les laïcs à la vie chrétienne pas seulement en général mais aussi de façon spécifique », a-t-il expliqué.

Par exemple, dans les relations avec la vie politique, les frontières sont délicates et difficiles à franchir. « Quand, en tant que pasteur, je me trouve moi aussi à aborder ces questions, je trouve un vide formatif. L’information reste à mon avis un sujet ouvert », a conclu le cardinal Vallini.

Traduction d'Océane Le Gall, avec Anita Bourdin