L’Eglise du Royaume-Uni contre le projet de loi sur la fertilité

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ROME, Mardi 20 novembre 2007 (ZENIT.org) – Deux des principaux responsables de l’Eglise en Ecosse exhortent les politiciens à tenir compte sérieusement des préoccupations de la communauté catholique concernant le projet de loi sur la fertilité humaine et l’embryologie, qui légalisera la création d’embryons « homme-animal ».

La déclaration, rendue publique dimanche dernier, est signée par le cardinal Keith O'Brien, archevêque de Saint Andrews et Edimbourg, et par l’archevêque de Glasgow, Mgr Mario Conti, qui est également président du Comité conjoint catholique de bioéthique de Grande-Bretagne et d’Irlande.

La proposition, connue auparavant sous le nom de projet de loi sur le tissu humain et les embryons, est une mise à jour de l’actuelle réglementation de la reproduction assistée et de la recherche sur les embryons en Grande-Bretagne.

S’il passait, ce projet de loi autoriserait la création d’embryons hybrides par insémination de sperme humain dans un ovocyte prélevé chez un animal et vice-versa. Cette loi reconnaîtrait ainsi aux couples de femmes homosexuelles le statut de parents d’enfants-éprouvettes sans aucune référence à un père. Tous ceux qui s’opposent à cette proposition craignent la réouverture d’un débat sur l’avortement, portant à une libéralisation ultérieure des procédures.



Dans leur déclaration, le cardinal O'Brien et Mgr Conti soulignent que ce projet de loi « n’est pas une voie justifiable pour une recherche scientifique légitime ».

« C’est un précédent dangereux et superflu qui ne respecte pas la dignité de la personne humaine, dénoncent-ils. Nous soulignons que de telles pratiques sont interdites au Canada, en Australie et dans de nombreux pays européens ».

Inquiets, ils relèvent par ailleurs que ce projet de loi affaiblira le statut naturel des pères et bouleversera les liens naturels entre parents et enfants.

Face à la complexité d’une telle question, les deux prélats ont proposé la création d’un comité de consultation nationale permettant de conseiller de manière appropriée le gouvernement sur les questions de bioéthique.

« Le débat a jusqu’ici été dominé par des points de vues médicaux et scientifiques », poursuit la déclaration, « alors que pour affronter des questions de ce type, les systèmes éthiques mûrs apportent une contribution plus importante ».
« Nous sommes franchement déconcertés par ces propositions qui permettraient la création d’organismes qui dépassent la barrière des espèces, a déclaré Mgr Conti aux journalistes. Nous exhortons le gouvernement à repenser au rôle de l’Autorité sur la fertilité humaine et l’embryologie, qui s’est révélé totalement inadapté pour faire face à des questions éthiques ».

« Le projet de loi inclut des développements inquiétants dans l’expérimentation d’embryons et détruit les liens naturels de la vie familiale qui sont liés à la procréation ».

Le cardinal Comac Murphy O’Connor, archevêque de Westminster, a lui aussi pris position contre ce projet de loi. Dans une lettre publiée sur l’édition on line de dimanche du Times, il a qualifié cette législation de « grave erreur ».

« Ce projet de loi propose à tous ceux qui travaillent dans le domaine de la fertilisation in vitro de ne plus considérer la nécessité pour un enfant d’avoir un père, et de conférer le statut légal de parents à des personnes qui n’ont aucun lien génétique avec un enfant né d’une fécondation in vitro ».

« Ceci mine radicalement le rôle du père dans la vie d’un enfant, et subordonne les droits naturels de ce dernier aux seuls désirs du couple », estime-t-il.

L’hypothèse de la création d’embryons hybrides en Grande-Bretagne a soulevé des réactions préoccupées également en Italie.

Mgr Elio Sgreccia, président de l’Académie pontificale pour la vie, a dénoncé la décision des autorités britanniques en affirmant que la création de ces embryons hybrides à des fins expérimentales était « un acte monstrueux dirigé contre la dignité humaine ».

« La création d’une espèce hybride homme-animal est une frontière qui avait été jusqu’ici bannie du domaine des technologies par tous, et pas seulement par les associations religieuses, en raison précisément du fait que ce type de pratique porte atteinte à la dignité humaine, l’offense, et que l’on peut créer des monstruosités à travers ces fécondations », a dit Mgr Sgreccia.

« Jusqu’ici l’individu humain n’a pas été respecté, car les embryons sont immolés et sacrifiés de mille manières, et au cours de ces fécondations artificielles, a-t-il relevé. Mais la frontière entre les espèces était au moins respectée. Aujourd’hui on franchit cette barrière sans en mesurer les conséquences ».

« Et en plus de cela, cette décision ne répond à aucun besoin, a-t-il ajouté. Si l’on cherche des cellules souches pour soigner des maladies comme l’Alzheimer ou le Parkinson, il n’est pas nécessaire de créer un embryon hybride mi-homme mi-animal, car l’on dispose des cellules souches adultes, celles du cordon ombilical, celles de l’homme adulte pour pouvoir faire face, avec confiance, à ces frontières ».