L’Eglise en Afrique, « une mère de famille, seule »

Intervention choc de Mgr Kouraleyo Tarounga (Tchad)

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ROME, Mercredi 14 octobre 2009 (ZENIT.org) - « L'Église en Afrique ressemble à une mère de famille seule qui doit se prostituer pour nourrir, loger, éduquer et soigner ses nombreux enfants », déplore Mgr Joachim Kouraleyo Tarounga, évêque de Moundou, au Tchad qui est intervenu mardi après-midi au synode.

L'évêque mentionne la diminution des aides des autres Eglises et l'augmentation des aides d'autres organisations, non sans conséquences.

Il a souligné les défis de la réconciliation, de la justice et de la paix en citant « l'intervention de Monsieur Rodolphe Adada au sujet du Darfour ».

Il souligne l'importance de la « solidarité internationale » pour faire face à « l'ampleur et la complexité des drames et tragédies en Afrique ».

Il souligne en même temps « l'engagement des Églises d'Afrique dans tous les domaines : l'éducation, la santé, le développement rural, les moyens de communication, l'éducation à la citoyenneté et la défense des droits humains fondamentaux à travers les commissions justice et paix ».

Mais cet engagement « dépend fortement des aides des Églises d'Europe et de l'Amérique du Nord ».

Or, au Tchad, ces dernières années, « ces aides ont drastiquement diminué et on a pris conscience de l'effet pervers de la dépendance ».

Quelles sont donc les ressources locales ? La contribution des fidèles « est très modeste, voire insignifiante ». D'où le « recours à des organismes internationaux dont la philosophie et les objectifs ne sont pas toujours compatibles avec nos convictions ».

« L'Église en Afrique ressemble à une mère de famille seule qui doit se prostituer pour nourrir, loger, éduquer et soigner ses nombreux enfants », déplore l'archevêque.

L'Eglise, conclut-il, a besoin de moyens pour réaliser la réconciliation, la justice et la paix, mais « elle ne doit pas être réduite à en chercher à n'importe quel prix ».