L'Église est culturellement pluraliste

Clôture du IVe Forum orthodoxe-catholique européen

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 352 clics

« Les Églises chrétiennes d'Orient et d'Occident ne craignent pas la diversité culturelle. Dès sa fondation, l’Église a été culturellement pluraliste », déclarent les participants au quatrième Forum européen orthodoxe-catholique. Ainsi la foi en Jésus-Christ n'élimine pas « la diversité humaine; bien au contraire, elle l'enrichit ».

Pour sa quatrième édition, le Forum a eu lieu à Minsk, capitale de Biélorussie, du 2 au 6 juin 2014, sur le thème “Religion et diversité culturelle: défis pour les Églises chrétiennes en Europe”. Plus de 35 représentants des Églises orthodoxes et de Conférences épiscopales étaient présents, bénéficiant du témoignage d'un « pays trait d’union entre les deux poumons occidental et oriental du continent », fait observer un communiqué.

Le message final, publié hier, 5 juin, se veut donner « un signe de joie et d'espérance » : les participants expriment notamment leur solidarité aux « Européens frappés par cette crise économique et culturelle » et qui « sont à la recherche d'une parole qui donne un sens à leur vie ».

Ils rappellent que « dans leur diversité, les cultures européennes ont toutes puisé dans les racines communes chrétiennes ». Aujourd'hui, déplorent-ils, « là où la foi et la morale chrétienne ont été bannies, un sentiment de vide conduit souvent au désespoir et au nihilisme ».

« La foi chrétienne est une garantie de liberté et de bonheur », poursuit la note, soulignant que « l’Église offre des valeurs cohérentes » à une époque où « il n'y a plus de points de repères stables » pour la conduite morale, désormais assujettie à la volonté du « Je autonome et souverain ».

« Les principes moraux sont inscrits par le Créateur dans le cœur de tous les êtres humains », soulignent-ils en invitant les Européens à « reconnaître que la clé de la liberté » consiste à accepter que l'homme « se reçoit de de Dieu » et qu'il ne peut pas « disposer arbitrairement des choses » comme s'il était « son propre créateur ».

Pour les participants, « le christianisme n'oppose jamais la raison à la foi. Dieu n’a pas éliminé l'intelligence humaine, mais il l’a plutôt affirmée ». La foi en Jésus-Christ n'élimine pas non plus « la diversité humaine; bien au contraire, elle l'enrichit et promeut les éléments de vérité et de bonté déjà présents dans les cultures humaines ».

Ils insistent : « Les Églises chrétiennes d'Orient et d'Occident ne craignent pas la diversité culturelle. Dès sa fondation, l’Église a été culturellement pluraliste. Il y a eu des approches culturelles différentes chez les disciples du Christ, par exemple entre ceux qui parlaient l’araméen et ceux qui parlaient le grec... Le christianisme proclame l'Évangile du Christ dans la vérité des cultures humaines. »

Ils plaident également pour la liberté religieuse, « élément essentiel de la foi chrétienne » : « Promouvoir la liberté religieuse signifie établir un dialogue œcuménique sans prosélytisme, ni fondamentalisme, ni permissivité morale » et ne peut être assimilé à « promouvoir l'indifférence religieuse, le relativisme ou le syncrétisme, même en termes de tolérance ».

Le pape François a fait parvenir un message au Forum, appelant à la protection de la liberté religieuse en Europe et souhaitant que les chrétiens sachent toujours « rendre compte de l’espérance qui est en eux », avec « douceur et respect » (cf. Zenit du 4 juin 2014).

Les participants ont également rencontré le président de la République biélorusse, M. Alexandre Lukachenko, qui a souligné que « la foi chrétienne représente un élément incontournable de la vision et de la vie spirituelle de la grande majorité des citoyens biélorusses ».

Les trois premières rencontres du Forum catholique-orthodoxe européen ont eu lieu à Trente, Italie (11-14 décembre 2008), à Rhodes, Grèce (18-22 octobre 2010) et à Lisbonne, Portugal (5-8 juin 2012).

Avec une traduction d'Océane Le Gall