L’Eglise, la foi et les vocations, dossier de la revue "Kephas"

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CITE DU VATICAN, Lundi 28 juillet 2003 (ZENIT.org) - L’Eglise, la situation de la foi en général, la question des vocations en particulier font l'objet d'un dossier publié par la revue Kephas (www.revue-kephas.org) dans sa dernière livraison d’avril-juin.



Comme l’indique l’abbé Le Pivain dans son éditorial, « l’esprit de ce dossier tient en trois mots : voir (en détaillant les données, les faits, les statistiques), comprendre (en les analysant, en ayant recours à l’enseignement de l’histoire, en confrontant les points de vue), croire (en laissant en tout la primauté au regard de foi).

On y trouve des contributions de Mgr Jean-Louis Bruguès, évêque d’Angers et Président de la Commission doctrinale de l’épiscopat français, Cette Eglise que j’aime, de Mgr Martin Viviès, de la Congrégation pour le Clergé, qui commente un certain nombre de statistiques, de l’abbé Vincent Richard, du diocèse de Dijon, qui tente une analyse sur la « cassure » qui s’est produite dans les années soixante dans la vie de la foi et se démarque sur ce point du « Rapport Dagens », de l’abbé Camiade, responsable du Service des vocations dans le diocèse d’Agen, avec une réflexion sur « la vocation et les vocations », de Christian Sorrel, historien, de l’abbé Centène, du diocèse de Perpignan, sur la réalité de la crise des vocations etc.

A propos de cette « cassure » dans la vie de foi, l’abbé Richard s’interroge : « Pourquoi ne pas penser que la cassure, dans la mesure où elle touche d’abord à la Foi, consiste en un passage dans le cœur des chrétiens du réalisme à l’idéalisme ? Je m’explique : nous croyons en Jésus Christ, vrai Dieu et vrai homme, en Dieu incarné (et dont l’Incarnation continue dans le corps mystique du Christ qu’est l’Église avec le rôle premier de l’Eucharistie présence réelle du Christ et qui se réalise par le sacerdoce ministériel du prêtre) ; le modernisme n’est pas le refus de Dieu mais ne voit pas l’Incarnation (on ne peut faire aucun lien sûr entre le Jésus de l’histoire et le Christ de la foi) ni la nécessité de l’Église (« Jésus annonçait le Royaume et c’est l’Église qui est venue » dit Loisy). »

Comparant le nombre de prêtres et celui des pratiquants, l’abbé Centène remarque : « Les « signes des temps » que nous sommes aujourd’hui invités à scruter (Gaudium et spes, n° 4) ne se limitent pas à la constatation du petit nombre des jeunes prêtres et des séminaristes. Leur rareté n’est d’ailleurs évidente que si l’on s’obstine à croire que l’ensemble de la population de la France est chrétienne et qu’il faut un prêtre sous chaque clocher.
La réalité est bien différente, le nombre des prêtres et des séminaristes est proportionnel au nombre de fidèles de leur âge. Chaque génération de fidèles génère les prêtres dont elle a besoin. […]
S’il est un véritable problème qui doit retenir notre attention et auquel il nous faut trouver une solution c’est bien celui-là. Son urgence est une question de vie ou de mort pour l’Église en France et devant sa gravité toutes les questions qui ne sont pas essentielles devraient se dissiper dans une mobilisation générale de toutes les énergies, de toutes les compétences et de toutes les générosités, au-delà des conflits de générations et de sensibilités vestimentaires et liturgiques. I1 n’y a pas de crise de la vocation sacerdotale, à laquelle on pourrait remédier par l’ordination d’hommes mariés parfois encore évoquée par certains comme une solution miracle, il y a une crise de la vocation baptismale. »

La réponse, note l’éditorial, ne peut que se situer dans une redécouverte de la « foi à la vérité de l’Eglise », de l’Eglise comme communion : « C’est l’Eglise, c’est la foi à la vérité de l’Eglise qui, par-delà toutes les supputations essayées, les éventuelles suspicions ou les blessures, reste toujours d’actualité, d’une brûlante actualité, parce qu’elle est évangélique, parce qu’elle a fait ses preuves et qu’elle demeure en ce domaine la seule vérité que n’atteindra jamais l’injure du temps. Cette vérité, nous la prolongeons dans notre Credo par un mot qui en dit toute la substance : communion. Je crois la sainte Eglise catholique, la communion des saints. »
© Kephas