"L'Eglise n'est pas une maison en location"

Mais la vraie maison du chrétien, homélie du 5 juin 2014

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 1254 clics

L’Église « n’est pas une maison en location », mais la maison où le chrétien est appelé à « vivre » pleinement : « Si tu veux entrer dans l’Église, que ce soit par amour », déclare le pape François lors de la messe du 5 juin 2014.

Durant son homélie, le pape a dénoncé trois attitudes qui traitent l’Église comme une maison en location : « Beaucoup disent qu’ils sont dans l’Église », mais ils ont « un pied dedans » et « l’autre n’est pas encore entré ». Ils se gardent « la possibilité d’être dans les deux endroits à la fois, dedans et dehors ».

« Pour ces personnes, l’Église n’est pas leur maison, ils ne sentent pas qu’elle est à eux. Pour eux, c’est une location ». Et le pape leur rappelle que l’Église est « une mère », « une maison pour vivre » : « Si tu veux entrer dans l’Église, que ce soit par amour », pour donner « tout ton cœur ».

Ces chrétiens, ce sont d'abord « ceux qui veulent que tout le monde soit pareil dans l’Église », les tenants d'une « doctrine d’égalité ». « En martyrisant un peu la langue italienne, ce sont des 'uniformistes' ».

« Ils sont rigides ! Ils n’ont pas cette liberté que donne l’Esprit-Saint. Jésus n’a jamais voulu que son Église soit si rigide. Ils se disent chrétiens, ils se disent catholiques, mais leur comportement rigide les éloigne de l’Église. »

Le deuxième groupe, ce sont ceux qui s'accrochent à leur idée, « qui ne veulent pas de celle de l’Église, ils ont une alternative ». Ce sont les « alternativistes » : « J’entre dans l’Église, mais avec cette idée, avec cette idéologie. »

« Leur appartenance à l’Église est partielle. L’Église n’est pas leur maison, elle n’est pas à eux. Ils 'louent' l’Église, jusqu'à un certain point : "Oui… nous sommes catholiques, mais avec ces idées-ci". Ils ne partagent pas cette façon de sentir propre à l’Église. »

Et le troisième groupe est celui des « avantagistes » ou « affairistes », ceux qui « cherchent des avantages : ils vont à l’Église mais par intérêt personnel, et ils finissent par faire des affaires dans l’Église », ils « profitent de l’Église en vue de leurs propres intérêts ».

« Nous en avons vu, dans les communautés paroissiales ou diocésaines, dans les congrégations religieuses, certains bienfaiteurs de l’Église, qui se pavanaient parce qu’ils étaient des bienfaiteurs et, à la fin, derrière la table, ils faisaient leurs affaires. Et ceux-là non plus ne sentent pas l’Église comme une mère, la leur. »

Dans l’Évangile du jour, Jésus demande à son Père que ses disciples soient « un » (Jn 17,20-26) : dans l’Église « il y a de nombreux charismes, il y a une grande diversité de personnes et de dons de l’Esprit » et « c’est seulement l’Esprit-Saint » qui fait « l'harmonie, l’unité dans la diversité, dans la liberté, dans la générosité ».

Les chrétiens sont appelés « à être dociles à l’Esprit-Saint » car la docilité est « la vertu qui sauve de la rigidité, d'être "alternativistes", d’être "avantagistes", ou affairistes dans l’Église. C’est cette docilité qui transforme l’Église, qui, d’une maison en location, en fait notre propre maison. »

Avec une traduction de Constance Roques