« L'Eglise regarde le sport avec sympathie »

Jean-Paul II au Comité olympique international, 1982

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Anita Bourdin

ROME, vendredi 27 juillet 2012 (ZENIT.org) –  « L’Eglise regarde le sport avec sympathie. Elle le considère avant tout comme une éducation physique, car elle voit le corps humain comme le chef-d’œuvre de la création dans l’ordre matériel », a déclaré Jean-Paul II en recevant, le 27 mai 1982, à Rome, les membres du Comité olympique international réuni à Rome pour une session. Il y a aussi rappelé comment saint Pie X a soutenu les Jeux dont le baron Pierre de Coubertin était venu lui parler (cf. « Documents » pour el texte intégral en français).

Il ajoutait : « Sur ce corps, dit la Bible en un style très imagé, Dieu le Créateur insuffla un “souffle de vie”, en le rendant instrument d’une âme immortelle, avec ses capacités d'intelligence, de volonté, de don de soi, qui transcendent infiniment la composition matérielle du corps: “L’homme devint un être vivant” (cf. Gn 2, 7). »

Il a rappelé la destinée éternelle du corps humain : « De plus, la Rédemption opérée par le Christ a rendu le corps de l’homme “membre du Christ”, et “temple de l’Esprit Saint” (cf. 1 Co. 6, 15), destiné certes à tomber en poussière au cours du temps, mais aussi à ressusciter d’une manière définitive pour l’éternité. »

« Un sport réalisé de façon saine correspond donc à cette vision sereine de la dignité du corps, sans tomber dans certaines conceptions qui arrivent pratiquement à l’idolâtrie de la beauté et de la vigueur physique », a insisté le pape qui a certainement le plus réfléchi à la place du corps dans le dessein du Créateur et dans la Rédemption.

Le pape que l’on avait surnommé le « sportif de Dieu » disait sa joie de recevoir le Comité : « Oui, disait-il, votre présence est pour moi un motif de profonde joie parce qu’elle me donne l’heureuse occasion de continuer avec votre Comité - qui est l’autorité la plus haute et la plus qualifiée en ce domaine - le dialogue sur le sport et avec les sportifs que l’Eglise a voulu entretenir sereinement, spécialement au cours de ce siècle, alors que ce phénomène prenait des proportions très vastes avec des répercussions sociales multiples. »

Comme Jean XXIII, il a évoque la rencontre de saint Pie X et du baron Pierre de Coubertin, mais aussi ses prédécesseurs jusqu’à Paul VI : « Il encouragea la noble initiative du baron Pierre de Coubertin qui restaura, à l’époque contemporaine, avec un succès croissant, les “Jeux olympiques”. Je pense également à Pie XII, qui nous a laissé un enseignement riche et lumineux sur l’activité physique et sportive dans la vie de l’homme. Jean XXIII, à son tour, en 1960, durant les Jeux olympiques de Rome, reçut en audience les athlètes de 83 nations, et également votre Comité. Paul VI, enfin, en avril 1965, accueillit lui aussi le Comité international olympique, réuni à Rome pour sa LXIVème session. »

En outre, Jean-Paul II disait voir dans le sport « un puissant facteur d’éducation morale et sociale, au niveau personnel et aussi au plan national et international » : « Comme manifestation de l’agir de l’homme, il doit être une école authentique et une expérience continuelle de loyauté, de sincérité, de fair-play, de sacrifice, de courage, de ténacité, de solidarité, de désintéressement, de respect! Quand, dans les compétitions sportives, c’est la violence qui l’emporte, l’injustice, la fraude, la soif du gain, les pressions économiques et politiques, les discriminations, alors le sport est ravalé au rang d’instrument de la force, de l’argent ».