L'Eglise syro-malabare propose le modèle des Pères de l'Eglise

Une passion pour la Bible et la poésie, par Mgr Kallarangatt

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Anne Kurian

ROME, jeudi 11 octobre 2012 (ZENIT.org) – Pour la nouvelle évangélisation, l’Eglise syro-malabare propose le modèle des Pères de l’Eglise, qui avaient une « grande passion pour la Bible » et qui ont su utiliser la poésie comme « instrument idéal pour l’évangélisation ».

Mgr Joseph Kallarangatt, évêque indien de Palai des syro-malabares, est intervenu, hier après-midi, 10 octobre 2012, dans le cadre de la cinquième congrégation générale du synode des évêques sur la nouvelle évangélisation, au Vatican.

L’Église est apostolique car elle est patristique 

En Orient, on dit couramment que « l’Église est apostolique car elle est patristique » : c’est avec ce dicton que Mgr Kallarangatt propose d’approfondir davantage l’héritage des Pères de l’Église, précisant qu’ils ne sont pas des « catégories éternelles » mais sont « des modèles ».

En effet, explique-t-il, les Pères de l’Église ont « révélé la véritable nature du caractère apostolique de l’Église ». C’est pourquoi l’évêque met en garde : « sans un solide fondement patristique, les nouvelles méthodes d’évangélisation peuvent dégénérer en de simples stratagèmes de modernisation ».

Pour la nouvelle évangélisation, il estime donc qu’il est « impératif » de se réapproprier « la philosophie et la vision du monde » des Pères de l’Église, non pas pour faire mémoire, mais pour « avancer et préparer l’avenir ».

Une grande passion pour la Bible

Donnant l’exemple des Pères de l’Église syrienne, tels Aphrahat, Ephrem, Cyrillona, Mgr Kallarangatt évoque leur « rôle unique » pour la nouvelle évangélisation car ils représentent « un monde extraordinaire d’évangélisation » et ils « ont produit toute une mosaïque de modèles dans le domaine de l’évangélisation ».

Quelles étaient les caractéristiques des Pères syriens ? Ils avaient une « grande passion pour la Bible » et ses interprétations : leurs commentaires sont « d’authentiques interprétations de foi de la Bible qui utilisent une grande richesse de symboles pour véhiculer différents niveaux de signification », explique l’évêque.

Leurs commentaires bibliques sont à la fois « mystiques, holistiques, mystagogiques, symboliques et allégoriques », ajoute-t-il, y voyant de véritables « homélies catéchétiques ».

Mgr Kallarangatt souligne également que les Pères ont su « utiliser la poésie comme un instrument idéal pour l’évangélisation ».

Il rappelle par ailleurs que d’un point de vue historique et culturel, « l’Orient syriaque est directement lié à l’atmosphère spirituelle du monde biblique » : dans la période de formation du christianisme, les chrétiens de cette région avaient « une suprématie dynamique et créative dans le service en faveur de l’Évangile et de la culture humaine ».