L’embryon humain a la « dignité de la personne »

Présentation à la presse du document du Vatican sur des questions de bioéthique

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ROME, Vendredi 12 décembre 2008 (ZENIT.org) - Le document du Vatican « Dignité de la personne » reconnaît à l'embryon humain la « dignité de la personne » humaine, mais sans entrer dans la question philosophique sur la « personne ».

 La question a été posée de plusieurs façons par la presse lors de la présentation ce matin au Vatican de l'Instruction de la Congrégation pour la doctrine  de la foi, élaborée et présentée avec la collaboration de l'Académie pontificale pour la Vie.

Pour l'instruction, la dignité de la personne doit être reconnue à tout être humain, depuis sa conception jusqu'à sa mort naturelle. Ce principe fondamental, explique l'instruction, « exprime un grand « oui » à la vie humaine » et « doit être mis au centre de la réflexion éthique sur la science biomédicale » (cf. l'Introduction, § 1).

Elle affirme que l'on doit à l'embryon humain « un respect égal à celui dû à l'enfant déjà né et à toute personne » (n. 34).

Le document veut ainsi « promouvoir la formation des consciences » et encourager une recherche médicale qui soit respectueuse de la dignité de la personne de chaque être humain et de la procréation.

L'instruction, a expliqué le président de l'Académie pour la Vie, Mgr Rino Fisichella, ne dit pas que l'embryon humain est une « personne », mais qu'il possède « la dignité » de la personne, sans pour autant « entrer dans le débat philosophique et scientifique ».

« Chaque personne, a-t-il insisté, a une dignité. L'embryon a la dignité même de la personne. Cette affirmation est nécessaire pour exprimer l'identité de l'embryon. Ce n'est pas seulement de la ‘moisissure' comme quelqu'un a dit. Il s'agit d'une vie humaine qui doit être reconnue dans sa dignité ».

Le paragraphe 4 affirme en effet : « L'être humain doit être respecté et traité comme une personne dès sa conception, et donc dès ce moment, on doit lui reconnaître les droits de la personne, parmi lesquels en premier lieu le droit inviolable de tout être humain à la vie ».

Mgr Luis Ladaria, sj, secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a souligné que cette affirmation est « claire », et « suffisante », même si l'on entre pas dans le « problème de donner une définition », le texte est « clarissime », lorsqu'il parle de reconnaître dès le début à l'être humain «  la dignité propre à  la personne ». « Cette dignité, il l'a », insiste Mgr Ladaria.

Mgr Fisichella fait observer que la réponse est « implicite » : l'Instruction « reconnaît la dignité et donc la réalité, mais ne veut pas entrer le débat philosophique complexe » ou ses « conséquences juridiques ». Il a rappelé que « pour certains systèmes parlementaires la personne est sujette à des droits », pour d'autres, non. La congrégation a choisi « de ne pas entrer dans le débat, parce qu'il s'agit d'un document de caractère doctrinal », et pas philosophique, et qu'il s'agit de réaffirmer que l'embryon humain « a une dignité typique de la personne humaine ».

Anita S. Bourdin