L’engagement missionnaire jaillit de la contemplation ardente de Jésus

Message de Jean-Paul II pour la Journée mondiale

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CITE DU VATICAN, Lundi 4 juin 2001 (ZENIT.org) - Le Message du pape Jean-Paul II en date du dimanche de Pentecôte, le 3 juin 2001, pour la Journée mondiale de la Mission (21 octobre 2001) a pour thème le chant des "miséricordes du Seigneur", une miséricorde qui "pousse à ´avancer au large´". Le pape y développe le cœur de son message de Novo millennio ineunte: "L’engagement missionnaire jaillit de la contemplation ardente de Jésus".



La Journée mondiale des missions, instituée en 1926, aura lieu cette année le 21 octobre 2001, le pape rappelle ce 75e anniversaire dans son message: "Cette année est le 75° anniversaire de l’institution de la Journée des Missions par le Pape Pie XI, qui accueillit favorablement la demande présentée par l’Oeuvre Pontificale de la Propagation de Foi « pour fixer ´une journée de prières et de propagande pour les Missions´ qui devrait être célébrée le même jour dans tous les Diocèses, dans toutes paroisses et dans tous les Instituts du monde catholique… et pour demander l’obole pour les Missions » (S. Congrégation des Rites : Institution de la Journée Mondiale des Missions, 14 avril 1926)". Nous citons d´après la traduction française proposée par l´agence internationale Fides (www.fides.org).

"C’est avec une joie intime que nous avons célébré le Grand Jubilé du Salut, temps de grâce pour l’Eglise tout entière, écrit le pape. La Miséricorde divine, que chaque fidèle a pu expérimenter, nous pousse à « avancer au large », en faisant mémoire du passé avec gratitude, en vivant le présent avec passion, et en nous ouvrant à l’avenir avec confiance, dans la certitude que « Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et à jamais » (He 13,8) (cf. Lettre Apostolique Novo Millenio Ineunte, 1). Cet élan vers l’avenir, illuminé par l’espérance, doit être la base de l’action de toute l’Eglise durant le nouveau millénaire".

Dans l´élan de la Pentecôte, Jean-Paul II continue: "Il est temps, oui, de regarder de l’avant, en maintenant les yeux fixés sur le visage du Christ (cf. He 12,2). L’Esprit nous invite à « nous projeter vers l’avenir qui nous attend » (Novo Millenio Ineunte, 3), à rendre témoignage au Christ et à le proclamer, en rendant grâce « pour les ´merveilles´ que Dieu a accomplies pour nous : ´Misericordias Domini in aeternum cantabo´ (Ps 89 [88], 2 » (ibid., 2). A l’occasion de la Journée Mondiale des Missions de l’an passé, j’ai voulu rappeler comment l’engagement missionnaire jaillissait de la contemplation ardente de Jésus. Le chrétien qui a contemplé Jésus-Christ ne peut pas ne pas se sentir ravi par son éclat (cf. Vita Consecrata, 14) pour s’engager à porter témoignage de sa foi dans le Christ, Unique Sauveur de l’homme".

La contemplation n´est pas uniquement tournée vers le Christ. Le pape explique comment ce regard contemplatif conduit à la mission: "La contemplation du visage du Seigneur suscite chez les disciples la « contemplation également du visage des hommes et des femmes d’aujourd’hui : le Seigneur en effet s’identifie « avec ses frères les plus petits » (cf. Mt 25, 40-45). Contempler Jésus « le tout premier et le plus grand évangélisateur » (Evangelii Nuntiandi, 7), nous transforme en évangélisateurs".

Et d´ajouter: "Le fruit de la contemplation des « frères les plus petits », c’est découvrir aussi que chaque homme, même si cela est pour de manière mystérieuse, cherche Dieu, parce qu’il a été créée par Lui et aimé par Lui".

Il s´agit ainsi de recueillir les fruits du Jubilé, continue le pape en demandant à tous les états de vie d´être en "état de mission": "Et ainsi, le fruit du Grand Jubilé est aussi l’attitude que le Seigneur demande à chaque chrétien, regarder de l’avant avec foi et avec espérance. Le Seigneur nous fait l’honneur de placer en nous sa confiance, et il nous appelle au ministère en nous manifestant ainsi sa miséricorde (cf. 1 Tim 1, 12.13). Ce n’est pas un appel réservé à quelques-uns, mais il s’adresse à tous dans son propre état de vie".

Un appel pour ceux sui n´ont pas encore entendu l´Evangile: "De manière spéciale, l’appel à la Mission revêt une urgence singulière, si nous regardons vers cette partie de l’humanité qui ne connaît pas encore le Christ ou qui ne Le reconnaît pas (…) . Chaque homme et chaque femme ont droit à ce qu’on leur enseigne « de nombreuses choses » ". A propos de cette mission "ad gentes", le pape insiste sur le fait qu´elle est un impératif pour tous les baptisés: "C’est une invitation pour tous, c’est un appel urgent auquel il faut donner une réponse rapide et généreuse. Il faut aller de l’avant !"

Le témoignage des missionnaires, rappelle le pape, va encore aujourd´hui jusqu´à l´effusion du sang: "Comment ne pas rappeler, en cette circonstance, tous les missionnaires, hommes et femmes, prêtres, religieuses, religieux et laïcs, qui ont fait de la Mission ad gentes et ad vitam, la raison de leur propre existence ? Par le fait même de leur existence, ils proclament « sans fin les grâces du Seigneur » (Ps 89). Bien souvent ce « sans fin » en est arrivé à l’effusion du sang : combien ont été « témoins de la foi » durant le siècle écoulé ! C’est aussi grâce au don d’eux-mêmes que le Royaume de Dieu a pu s’étendre".

Le pape termine par son invitation à "repartir du Christ", comme il le demandait dans l’homélie de conclusion du Grand Jubilé, le 6 janvier 2001, et, en confiant l´évangélisation du IIIe millénaire à "Marie, Mère de l’Eglise, Etoile de l’Evangélisation", par cette prière.

"Repars du Christ, toi qui as trouvé miséricorde.
Repars du Christ, toi qui as pardonné et as reçu le pardon.
Repars du Christ, toi qui connais la peine et la souffrance.
Repars du Christ, toi qui es tenté par la tiédeur :
l’année de grâce est un temps qui ne connaît pas de fin.
Repars du Christ, Eglise du nouveau millénaire.
Chante, et va de l’avant : (cf. prières des cérémonies de clôture, Messe de l’Epiphanie du Seigneur 2001)"