L’enseignement de saint Ignace sur l’unité, catéchèse du pape

| 1950 clics

ROME, Mercredi 14 mars 2007 (ZENIT.org) – Dans sa catéchèse de ce mercredi, le pape Benoît XVI invite les catholiques à mettre en pratique l’enseignement de saint Igance sur l’unité.



« En implorant du Seigneur cette ‘grâce de l'unité’, et dans la conviction de présider à la charité de toute l'Eglise (cf. Romains, prologue), je vous adresse le même souhait que celui qui conclut la lettre d'Ignace aux chrétiens de Tralles, disait le pape : ‘Aimez-vous l'un l'autre avec un cœur non divisé. Mon esprit s'offre en sacrifice pour vous, non seulement à présent, mais également lorsqu'il aura rejoint Dieu... Dans le Christ, puissiez-vous être trouvés sans tache’ (13). Et nous prions afin que le Seigneur nous aide à atteindre cette unité et à être enfin trouvés sans tache, car c'est l'amour qui purifie les âmes ».

Le pape précisait : « Aucun Père de l'Eglise n'a exprimé avec la même intensité qu'Ignace l'ardent désir d'union au Christ et de vie en Lui. C'est pourquoi nous avons lu le passage de l'Evangile sur la vigne qui, selon l'Evangile de Jean, est Jésus. En réalité, en Ignace convergent deux ‘courants’ spirituels : celui de Paul, entièrement tendu vers l'union au Christ, et celui de Jean, concentré sur la vie en Lui. A leur tour, ces deux courants débouchent sur l'imitation du Christ, proclamé plusieurs fois par Ignace comme ‘mon’ ou ‘notre Dieu’ ».

« Ainsi, disait Benoît XVI, Ignace supplie les chrétiens de Rome de ne pas empêcher son martyre, car il est impatient d’être ‘uni à Jésus Christ’ ».

« L'irrésistible aspiration d'Ignace vers l'union au Christ donne naissance, commente le pape, à une véritable ‘mystique de l'unité’. Lui-même se définit comme ‘un homme auquel est confié le devoir de l'unité’ », faisait observer le pape.

« Pour Ignace, continuait Benoît XVI, l'unité est avant tout une prérogative de Dieu qui, existant dans trois personnes, est Un dans l'unité absolue. Il répète souvent que Dieu est unité, et que ce n'est qu'en Dieu que celle-ci se trouve à l'état pur et originel. L'unité à réaliser sur cette terre de la part des chrétiens n'est qu'une imitation, la plus conforme possible à l'archétype divin ».

Et d’ajouter : « Ignace arrive à élaborer une vision de l'Eglise qui rappelle de près certaines des expressions de la Lettre aux Corinthiens de Clément, l'évêque de Rome (…). Et après avoir recommandé aux Smyrniotes de ne ‘rien entreprendre qui concerne l'Eglise sans l'évêque’, confie à Polycarpe : ‘J'offre ma vie pour ceux qui sont soumis à l'évêque, aux prêtres et aux diacres. Puissé-je avec eux être uni à Dieu. Travaillez ensemble les uns pour les autres, luttez ensemble, courez ensemble, souffrez ensemble, dormez et veillez ensemble comme administrateurs de Dieu, ses assesseurs et ses serviteurs (…)’ ».

Et le pape tirait cette conséquence pour le rapport entre les clercs et le reste du peuple de Dieu: « On peut percevoir dans les Lettres d'Ignace une sorte de dialectique constante et féconde entre les deux aspects caractéristiques de la vie chrétienne : d'une part la structure hiérarchique de la communauté ecclésiale, et de l'autre l'unité fondamentale qui lie entre eux les fidèles dans le Christ. Par conséquent, les rôles ne peuvent pas s'opposer. Au contraire, l'insistance sur la communauté des croyants entre eux et avec leurs pasteurs est continuellement reformulée à travers des images et des analogies éloquentes : la cithare, la corde, l'intonation, le concert, la symphonie ».

Il soulignait le rôle de la hiérarchie : « La responsabilité particulière des évêques, des prêtres et des diacres dans l'édification de la communauté est évidente. C'est d'abord pour eux que vaut l'invitation à l'amour et à l'unité. ‘Ne soyez qu'un’, écrit Ignace aux Magnésiens, en reprenant la prière de Jésus lors de la Dernière Cène : ‘Une seule supplique, un seul esprit, une seule espérance dans l'amour ; accourez tous à Jésus Christ comme à l'unique temple de Dieu, comme à l'unique autel ; il est un, et procédant du Père unique, il est demeuré uni à Lui, et il est retourné à Lui dans l'unité’ ».

« Ignace, faisait encore observer le pape, le premier dans la littérature chrétienne, attribue à l'Eglise l'adjectif de ‘catholique’, c'est-à-dire ‘universelle’ : ‘Là où est Jésus Christ’, affirme-t-il, ‘là est l'Eglise catholique’. Et la communauté chrétienne de Rome exerce une sorte de primat dans l'amour, précisément dans le service d'unité à l'Eglise catholique : ‘A Rome, celle-ci préside, digne de Dieu, vénérable, digne d'être appelée bienheureuse... Elle préside à la charité, qui reçoit du Christ la loi et porte le nom du Père’ ».

« Comme nous le voyons, concluait Benoît XVI, Ignace est véritablement le ‘docteur de l'unité’ : unité de Dieu et unité du Christ (au mépris des diverses hérésies qui commençaient à circuler et divisaient l'homme et Dieu dans le Christ), unité de l'Eglise, unité des fidèles ‘dans la foi et dans la charité, desquelles il n'existe rien de plus excellent’ ».