L’enseignement social de l’Eglise dans le monde agricole

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ROME, Vendredi 30 septembre 2005 (ZENIT.org) – L’enseignement social de l’Eglise concerne aussi la mise en œuvre de l’Evangile dans le monde agricole, comme le soulignait le cardinal Renato Raffaele Martino, président du Conseil pontifical Justice et Paix, qui a présenté l’abrégé de la doctrine sociale de l’Eglise devant des représentants de la confédération générale de l’Agriculture italienne, la « Confagricoltura » (www.confagricoltura.it)


dans une conférence intitulée : « Un nouvel humanisme visant à découvrir le bien commun ».

La rencontre était organisée, le 29 septembre, à Rome, par le président de la
« Confagricoltura » (qui existe depuis un siècle), Roberto Vecchioni, avec la participation du ministre italien de l’environnement, Altero Matteoli.

« L’abrégé est comme un manifeste pour réaliser un nouvel humanisme », a déclaré le cardinal Martino. « Il convient que la richesse de l’Evangile revive et se diffuse dans l’ethos social et culturel des peuples, pour l’espérance de toute génération ».

Pour ce qui concerne le bien commun, le cardinal a expliqué que « l’agir moral des individus se réalise en accomplissant le bien, ainsi, l’agir social arrive à sa plénitude en réalisant le bien commun ».

Le bien commun est donc entendu « comme la dimension sociale et communautaire du bien moral », soulignait encore le cardinal Martino.

Le cardinal Martino a ensuite abordé la question du rapport avec la terre et la création, soulignant les passages du « compendium » consacrés à la sauvegarde de l’environnement, tout en exprimant « réserves et perplexités face aux nombreuses formes d’idolâtrie de la nature, qui débouchent aujourd’hui sur un « écologisme » radical ».

Il rappelait qu’à l’occasion de la conférence internationale du Caire sur Population et Développement, en 1994, le Saint-Siège s’est en effet opposé « à l’idée marquée par un « écologisme » radical » selon laquelle l’augmentation de la population, dans les décennies à venir, serait propre à bouleverser les équilibres naturels de la planète et à en freiner le développement.

« Ces thèses, soulignait le cardinal Martino, sont désormais réfutées et heureusement en régression, même si, en même temps, « ceux qui proposaient cette vision malthusienne, animés par ce radicalisme écologique, proposaient, comme moyen de freiner les naissances et empêcher le présumé désastre environnemental, le recours à l’avortement et à la stérilisation de masse des pays pauvres et à natalité élevée ».

Pour le cardinal Martino, « la nature ne peut pas être considérée seulement dans la perspective d’une idolâtrie de la nature », et elle ne doit pas être considérée comme « un domaine d’exercice de la technique sans discernement ».

Le compendium, soulignait le cardinal Martino, propose une vision réaliste des choses en « manifestant sa confiance dans l’homme, et dans sa capacité toujours nouvelle à chercher ses solutions aux problèmes que l’histoire nous pose ; capacité qui lui permet de réfuter les prévisions catastrophiques récurrentes, malheureuses et improbables ».

Pour sa part, le président de la « Confagricoltura » a exprimé combien il apprécie l’enseignement social de l’Eglise surtout dans les domaines où elle parle de destination universelle des biens et du reste de l’environnement.

« Nous, agriculteurs, a souligné M. Vecchioni, nous sommes parfaitement conscients de l’importance de ces concepts. Préserver l’environnement, le terroir, le paysage, et les ressources naturelles, du sol et de l’eau, signifie avant tout préserver notre maison, notre travail ».

Il se réjouissait de la capacité de l’Eglise à « voir loin » et à « fournir des indications qui échappent à la logique des intérêts particuliers ».

Il soulignait : « Même si la « Confagricoltura » a toujours maintenu une ligne de laïcité, nous ne nous sentons pas étrangers ni indifférents à ce message. Beaucoup d’entre nous en ont fait une règle de conduite ».