L’épiscopat allemand aux lefebvristes : « Reconnaissez Vatican II »

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ROME, Vendredi 30 janvier 2009 (ZENIT.org) - Les évêques allemands invitent les quatre évêques ordonnés sans mandat pontifical par Mgr Lefebvre en 1988, dont le pape vient de lever l'excommunication, à reconnaître officiellement le Concile Vatican II, en particulier la déclaration 'Nostra Aetate' sur les relations avec le judaïsme et les religions non chrétiennes.

Dans une déclaration, le président de la sous-commission épiscopale pour les relations religieuses avec le judaïsme, Mgr Heinrich Mussinghoff, précise que les évêques allemands soutiennent les efforts accomplis par le pape pour « obtenir l'unité de l'Eglise », mais que certaines questions « restent ouvertes ».

La mesure prise par le pape, souligne le texte, « a soulevé une série de questions critiques », en raison surtout des thèses négationnistes de l'holocauste exprimées par Mgr Richard Williamson.

« Nous nous opposons fermement à cette négation de l'holocauste qui, en Allemagne, fait déjà l'objet d'enquêtes judiciaires », écrit Mgr Mussinghoff.

En Allemagne, la négation de l'holocauste est en effet depuis 1994 considérée comme un délit passible d'une peine pouvant aller jusqu'à 5 ans d'emprisonnement.

« Nous tenons à exprimer haut et fort, lit-on encore dans le communiqué, l'ampleur de nos attentes et demandons avec urgence que les quatre évêques et la Fraternité Saint Pie X, manifestent sans équivoque et de manière crédible leur fidélité au Concile Vatican II et en particulier à la déclaration ‘Nostra Aetate' ».

Pour sa part, la Conférence épiscopale suisse, le pays où Mgr Lefebvre avait installé, à Ecône, la maison de formation de la Fraternité sacerdotale de saint Pie X, a déclaré dans un communiqué que le décret signé par le cardinal Re « est l'expression de la volonté du pape de résorber le schisme avec une communauté qui compte dans le monde quelques centaines de milliers de fidèles et 493 prêtres. On a cependant accordé peu d'attention au fait que ces quatre évêques demeurent suspendus (suspens a divinis). Il ne leur est donc pas permis légalement d'exercer leur ministère épiscopal ».

 « Il faut éviter les malentendus », écrivent les évêques suisses en expliquant que « d'après le droit de l'Eglise, la levée de l'excommunication n'est pas la réconciliation ou la réhabilitation, mais l'ouverture de la voie vers la réconciliation. Cet acte n'est donc pas un aboutissement, mais bien le point de départ pour un dialogue nécessaire sur les questions disputées ».

L'évêque de Regensburg (Ratisbonne), en Allemagne, Mgr Gerhard Ludwig Mueller, a quant à lui décidé d'interdire à Mgr Richard Williamson (qui réside habituellement en Argentine) tout accès aux églises et institutions du diocèse, accusant le prélat de blasphème.

L'interview controversée accordée en effet par Mgr Williamson à la télévision suédoise SVT, en novembre 2008, a été réalisée non loin de Regensburg, à Zaitzkofen, où a son siège un séminaire de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X.

A Regensburg, une procédure pénale a été lancée contre Mgr Williamson, alors que le parquet de Ratisbonne a ouvert une instruction contre lui pour incitation à la haine raciale.