L'esprit de coopération peut relancer l'économie

Benoît XVI appelle à une « expérience d'unité et de solidarité »

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ROME, mardi 13 décembre 2011 (ZENIT.org) – « A notre époque de grands changements, de précarité économique persistante (…) l'Eglise sent le devoir d'annoncer le message du Christ avec une nouvelle vigueur », a déclaré Benoît XVI aux représentants de la Confédération des coopératives italiennes et de la Fédération italienne des banques de crédit coopératif, samedi matin, 10 décembre. Il invite à la coopération pour relancer l’économie.

Dans son discours, le pape a réaffirmé l’importance, d’un point de vue économique mais également social et solidaire, de l’expérience et de l’activité des banques et des organisations de type coopératif.

Ce mode de fonctionnement, a-t-il dit, renvoie à l’encyclique de Léon XIII, Rerum Novarum, qui fête cette années ses 120 ans, et grâce à laquelle « s’est répandue la coopération catholique dans toute l’Italie », a-t-il souligné.

Celui-ci, a-t-il rappelé, a favorisé « la présence féconde des catholiques dans la société italienne, à travers la promotion de sociétés coopératives et mutuelles, le développement d’entreprises sociales et de tant d’autres œuvres d'intérêt public caractérisées par des formes de participation et de gestion autonome ».

Cette activité, a commenté le pape, a toujours été réalisée en vue d’un soutien matériel à la population, d’une attention constante aux familles, en s’inspirant du magistère de l’Eglise ».

La naissance de ce type d’organisations ne répond pas seulement à « une exigence de nature économique », mais au « désir de vivre une expérience d’unité et de solidarité, qui amène à dépasser les différences économiques et à empêcher les litiges entre les divers groupes ».

Le cœur de l'expérience coopérative, a-t-il ajouté, repose justement sur cette recherche d’harmonie entre les deux dimensions « individuelle et communautaire ». Elle est l'expression concrète de cette « complémentarité et subsidiarité », que la Doctrine sociale de l'Eglise encourage depuis toujours entre « la personne et l'Etat ».

Au plan éthique, a-t-il expliqué, cet équilibre entre « la tutelle des droits de chacun et la promotion du bien commun », se traduit par « une sensibilité solidaire marquée, dans le respect également de la juste autonomie de chacun », qui peut être utile pour « une relance concrète de l’économie », dont le moteur principal serait « le développement authentique de la personne humaine ».

« A notre époque de grands changements, de précarité économique persistante, de difficultés dans le monde du travail, l'Eglise sent le devoir d'annoncer le message du Christ avec une nouvelle vigueur, avec la force d'humanisation et la charge d'espérance pour l'avenir qu'elle contient. », a déclaré le pape aux représentants des coopératives italiennes : « Vous devez être conscients que les coopératives catholiques ont un rôle important à jouer dans ce domaine ».

Benoît XVI les a invités à apporter leur contribution spécifique pour que « l'économie et les marchés ne se détachent jamais de la solidarité », pour « promouvoir la culture de la vie et de la famille et favoriser la formation de nouvelles familles qui puissent compter sur un travail digne et respectueux de la création que Dieu a confiée à notre responsabilité ».

Enfin, le pape les a invités à « toujours mettre l’homme en valeur, tout l’homme, au-delà de toute différence de race, de langue ou de croyance religieuse ».

Insistant sur la dimension chrétienne d’une coopérative catholique, le pape leur a demandé de ne pas perdre de vue que « pour le chrétien, aimer son prochain n’est pas seulement une philanthropie mais l'expression de l'amour de Dieu ».

« N'oubliez pas de nourrir cette dimension spirituelle dans votre engagement pour répondre aux défis et urgences sociaux actuels, pour continuer à œuvrer dans la logique de l'économie de la gratuité, de la responsabilité, pour promouvoir une consommation responsable et sobre », a-t-il conclu.

Isabelle Cousturié