L’Etat et la politique ne peuvent remplacer l’amour du prochain

Audience aux membres de la Protection civile italienne

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ROME, Dimanche 7 mars 2010 (ZENIT.org) - Benoît XVI a salué le travail de la Protection civile italienne en évoquant particulièrement leur engagement « personnel et volontaire ». Comparant leur service à celui du « Bon Samaritain », il a rappelé l'importance de « l'amour du prochain » qui ne peut être délégué ni à l'Etat, ni à la politique.

Lors de cette audience qui s'est déroulée le 6 mars, salle Paul VI au Vatican, le pape a rappelé la « mission » et la « vocation » de ces hommes de la Protection civile : « protéger les personnes et leur dignité - bien central de la société civile - dans les cas tragiques de calamités et d'urgence menaçant la vie et la sécurité de familles ou de communautés entières ».

« Cette mission ne consiste pas seulement dans la gestion de l'urgence, mais dans une contribution ponctuelle et méritoire à la réalisation du bien commun, qui représente toujours l'horizon de la société humaine, aussi, et surtout, dans les moments de grandes épreuves », a-t-il affirmé.

Evoquant la parabole du Bon Samaritain, le Saint Père a rappelé combien « l'amour du prochain ne peut être délégué : l'Etat et la politique (...) ne peuvent pas le remplacer », a-t-il insisté.

Citant encore son encyclique Deus Caritas Est, il a rappelé que « l'amour - caritas - sera toujours nécessaire, même dans la société la plus juste ». « Il n'y a aucun ordre juste de l'Etat qui puisse rendre superflu le service de l'amour. Celui qui veut s'affranchir de l'amour se prépare à s'affranchir de l'homme en tant qu'homme. Il y aura toujours de la souffrance, qui réclame consolation et aide » (n. 28).

« Cela demande et demandera toujours un engagement personnel et volontaire », a ajouté Benoît XVI. « C'est précisément pour cela que les bénévoles ne sont pas des ‘bouche-trou' dans le réseau social, mais des personnes qui contribuent vraiment à délimiter le visage humain et chrétien de la société ».

« Sans volontariat, le bien commun et la société ne peuvent pas durer bien longtemps, puisque leur progrès et leur dignité dépendent largement de ceux qui font plus que leur devoir ».

Citant encore une fois l'épisode du Bon Samaritain, le pape a souligné combien certains « regards » peuvent « finir dans le vide ou même dans le mépris » et combien d'autres « peuvent exprimer l'amour ».

« Plus que des gardiens du territoire, soyez toujours plus des icônes vivantes du bon Samaritain en prêtant attention aux autres, en rappelant la dignité de l'homme et en suscitant l'espérance », les a-t-il exhortés. « Quand une personne ne se limite pas seulement à faire son devoir dans sa profession et dans sa famille, mais s'engage pour les autres, son cœur se dilate ».

« Celui qui aime et sert l'autre comme son prochain, vit et agit selon l'Evangile et prend part à la mission de l'Eglise qui regarde toujours l'homme dans son entier et veut lui faire sentir l'amour de Dieu », a conclu le pape.

Marine Soreau