« L'Europe, c'est beaucoup plus que l'euro »

Une position commune des chrétiens

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Anne Kurian

ROME, mardi 4 septembre 2012 (ZENIT.org) – L’Europe est « beaucoup plus que l’euro », c’est pourquoi elle doit « retrouver son unité de fond » pour trouver des solutions à la crise, estime Mgr Ambrosio.

Mgr Gianni Ambrosio, vice-président de la Commission des épiscopats de l’Union européenne (COMECE) est intervenu lors d’une rencontre organisée par le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (CCEE) à Chypre, Nicosie, du 3 au 5 septembre 2012 (cf. Zenit du 28 août 2012).

Evoquant la crise économique actuelle, il fait observer que « la croissance des dettes souveraines et la perte de confiance des investisseurs dans l’économie » montrent « l’interdépendance entre tous les pays ».

Selon lui, cette « prise de conscience » de l’interdépendance est « salutaire » : elle doit « pousser l’UE à retrouver son unité de fond pour que l’activité économique, comme toute autre dimension de l’agir humain, ne se réalise jamais dans un vide moral, mais toujours à l’interne d’un contexte culturel déterminé ». 

En effet, affirme Mgr Ambrosio, « l’Europe est beaucoup plus que l’euro ». Elle est « plus qu’un espace de libre échange et de convenances économiques réciproques », insiste-t-il, et ce « plus » ne « peut pas être écarté », et il est « encore plus nécessaire pour sortir de la crise actuelle ». Il évoque une "position commune" des chrétiens à ce sujet.

Alors que « les solutions motivées par des considérations à court terme amènent inévitablement à une politique économique à courte échéance », la COMECE invite à avoir une « vision à long terme », c’est-à-dire à s’intéresser aux « valeurs qui peuvent soutenir et exprimer une communauté de solidarité et de responsabilité ».

A ce titre, la COMECE et ses partenaires œcuméniques ont « élaboré une position commune sur le rôle des acteurs d’Eglise dans la politique de cohésion européenne », le 12 juillet 2012 (cf. Zenit du 13 juillet 2012).

Le document appelle à « un engagement plus déterminé pour « promouvoir la cohésion économique, sociale et territoriale et la solidarité entre les Etats membres » de l’Europe.

Les chrétiens sont spécialement concernés, car « la solidarité est l’expression naturelle de leur foi », souligne le texte.  

Par ailleurs, ajoute Mgr Ambrosio, l’« interconnexion » entre les pays d’Europe entraine la « nécessité d’une meilleure coordination des politiques économiques au niveau communautaire », afin de « tenir ensemble les objectifs de rigueur de bilan, croissance économique, création de postes de travail ».

Pour lui, il s’agit de « montrer la vitalité de l’économie sociale de marché ». Les valeurs qui inspirent l’économie sociale de marché « correspondent aux grands principes de la Doctrine sociale de l’Eglise », précise-t-il.