L'euthanasie, « une honte pour notre époque », par Mgr Zimowski

La vocation des personnes âgées, c'est l'espérance active

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 769 clics

Mgr Zimowski redit « non » à l’euthanasie, « une honte pour notre époque », mais s’oppose également à l’acharnement thérapeutique et encourage les chrétiens à accompagner les personnes âgées vers « une espérance active, c’est-à-dire l’accomplissement de [leur] vocation ».

Mgr Zygmunt Zimowski, président du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé, a prononcé le discours d’ouverture de la XXVIIIème Conférence internationale de son dicastère, qui a lieu du 21 au 23 novembre sur le thème « L’Église au service de la personne âgée : le soin des personnes affectées par des pathologies neurodégénératives ».

L’événement accueille plus de 400 participants, dont de nombreux spécialistes provenant de tous les continents (cf. Zenit du 19 novembre 2013).

L’euthanasie, une honte de notre temps

L’archevêque a invité à « prier et crier au monde ‘non à l’euthanasie’ parce que c’est une honte pour notre époque ».

« Dans la seconde moitié du siècle dernier, en particulier dans les pays les plus riches, les transformations de la société, le vieillissement de la population, la diminution du rôle de soutien social assuré par la famille et la marginalisation fréquente des personnes âgées, ont eu pour effet d’aggraver la situation des personnes âgées malades, en augmentant la tentation de recourir à l’euthanasie », a dénoncé l'archevêque polonais.

Mgr Zimowski a rappelé que la vieillesse, qui était autrefois considérée comme « le temps de la sagesse », est vue aujourd’hui comme une « phase de déclin » et que, dans une société qui met à la première place la « productivité », les personnes âgées elles-mêmes peuvent être poussées à se demander « si leur existence est encore utile ».

Contre la tentation du « suicide assisté », il met en garde les professionnels de la santé qui « prennent sur eux le droit d’éliminer physiquement les personnes âgées estimées ‘inutiles’» en réaffirmant « le principe inaliénable du caractère sacré et inviolable de la vie ».

Mais avec son « non » à l’euthanasie, l’Eglise exprime aussi son refus de « l’acharnement thérapeutique » : « L’Église n’a jamais été en faveur d’une thérapie excessive qui va contre la dignité de la personne humaine et qui enlève à la personne le degré de liberté nécessaire pour se préparer à la mort ».

L’accompagnement spirituel

La demande d’euthanasie exprime souvent « un état d’affliction profonde » et l'Eglise propose une réponse d’accompagnement spirituel, pour découvrir, selon les mots du bienheureux Jean-Paul II, dans la souffrance « une participation à la passion du Christ, et donc à la rédemption ».

« La souffrance pousse à s’interroger sur le sens de ses propres tribulations et c’est un temps qui peut pousser au désespoir… ou à se rapprocher du Seigneur », a ajouté Mgr Zimowski.  

« Finalement, pour la personne âgée malade, se rapprocher du Seigneur peut amener à s’ouvrir aux autres et à Dieu. C’est ce qui rend fécond l’accompagnement et qui amène le patient à une espérance active, c’est-à-dire à l’accomplissement de sa vocation de personne âgée malade ».

« Il s’agit d’accompagner humainement et spirituellement ces personnes tout au long de leur maladie, en les aidant à réaliser la valeur de leur vie et leur mission, pour l’Église et pour le monde. L’objectif de cet accompagnement est d’amener ces personnes à l’espérance, malgré leur souffrance, et même, au cœur de leur souffrance, à une espérance illuminée par le Christ, ‘pleine d’immortalité’ », a expliqué l’archevêque.

L’Église demande également le développement de soins palliatifs : « Quand la famille ne peut pas ou ne veut pas assurer l’accueil de la personne âgée, le soin pastoral des personnes âgées malades devient un accompagnement à l’intérieur des structures de santé ».

Avec Hélène Ginabat pour la traduction