L'évangélisation, c'est le feu de l'amour qui se propage

Benoît XVI ouvre des travaux du synode

| 2189 clics

Anita Bourdin

ROME, lundi 8 octobre 2012 (ZENIT.org) – « Dieu a rompu le silence », fait observer Benoît XVI qui a ouvert ce lundi matin, 8 octobre, au Vatican, les travaux du synode sur la nouvelle évangélisation. Et la réponse de l’homme c’est la confession de foi, qui « implique la disponibilité à donner sa vie » et se propage par le feu de la charité. Cet embrasement d’amour communicatif, c’est cela, dit-il en substance, la nouvelle évangélisation.

Le Dieu qui parle

Le pape a en effet offert une méditation, dans la salle du synode, à l’occasion de la prière liturgique de « tierce », après la lecture biblique. C’est la tradition que chaque jour un père du synode assure cette méditation, lors de la prière qui précède chaque « congrégation générale ». Des propos dont le bulletin du synode publie une synthèse.

Le pape est parti des questions qui habite le cœur de tout un chacun : qui est Dieu ? Quel rapport entretient-il avec l’humanité ? Pourquoi reste-t-il sillencieux ?

« Derrière le silence de l’univers, derrière les nuages de l’histoire, y a-t-il oui ou non un Dieu ? S’il existe, nous connaît-il ? Il a quelque chose à voir avec nous ? Ce Dieu est-il bon et la réalité du bien a-t-elle oui ou non un pouvoir dans ce monde ? Cette question est aujourd’hui aussi actuelle qu’elle l’était autrefois, répond le pape. Tellement de gens se demandent : Dieu est-il ou non une hypothèse ? Est-il ou non une réalité ? Pourquoi ne se fait-il pas entendre ? ».

Puis il affirme : « L’‘Evangile’ veut dire que Dieu a rompu le silence : Dieu a parlé, Dieu existe (…). Dieu nous connaît, Dieu nous aime, il est entré dans l’histoire. Jésus est sa Parole, le Dieu-avec-nous, le Dieu qui nous montre qu’il nous aime, qui souffre avec nous jusqu’à la mort et ressuscite ».

Mais une autre question surgit : « Dieu a parlé, il a vraiment rompu le grand silence, il s’est montré. Mais comment pouvons-nous faire parvenir cette réalité à l’homme d’aujourd’hui afin qu’elle devienne salut ? »

La réponse de l’homme

Le pape propose trois moyens. Le premier : la prière. Car les apôtres n’ont pas bâti l’Eglise en « élaborant une constitution », mais en se rassemblant pour prier dans l’attente de la Pentecôte : « Nous ne pouvons pas faire l’Eglise, a dit le pape : nous pouvons seulement faire connaître ce que Lui a fait. L’Eglise ne commence pas par notre « faire », mais par le « faire » et le « parler » de Dieu. (…) Dieu seul peut créer son Eglise. Si Dieu n’agit pas, nos « choses » ne sont que les nôtres et elles sont insuffisantes. Dieu seul peut témoigner que c’est lui qui parle et qui a parlé ».

Ce n’est donc pas une simple « formalité », a continué le pape, si chaque session du synode commence par la prière : cela manifeste la concience du fait que « l’initiative » vient toujours de Dieu, même si l’on peut l’implorer, car l’Eglise peut seulement « coopérer » avec Dieu.

Deuxième moyen indiqué par le pape: la « confessio », la confession publique de la foi. Pour Benoît XVI en effet, cet acte signifie plus que professer la foi dans le Christ : c’est une authentique « confession », comparable à celle que l’on ferait avec courage devant un tribunal, aux yeux du monde, quel qu’en soit le prix.

« Ce mot « confession », qui, dans le langage chrétien latin a remplacé le mot « profession », porte en lui l’élément du martyre, l’élément du témoignage devant des instances ennemies de la foi, témoigner même dans des situations de passion et de danger de mort », a fait observer le pape.

La flamme d’amour

C’est une question de « crédibilité » : « Cela garanti justement, a ajouté Benoît XVI, la crédibilité : "La « confessio » n’est pas n’importe quelle chose que l’on pourrait aussi laisser tomber. La « confessio » implique la disponibilité à donner ma vie, à accepter la passion".

Or, cette « confession » a besoin d’un « habit » qui la rende visible et c’est le troisième moyen indiqué par le pape : la charité, c’est-à-dire « la plus grande force » qui doit "brûler dans le cœur du chrétien, la flamme qui doit déclencher le brasier de l’Evangile".

Le pape semblait parler avec un accent carmélitain lorsqu’il a dit : « Notre passion doit grandir dans la foi, doit se transformer en feu de la charité. (…) Le chrétien ne doit pas être tiède. (…) La foi doit devenir en nous flamme d’amour : flamme qui, réellement, embrase mon être, devient la grande passion de mon être et ainsi embrase mon prochain. Voilà l’essence de l’évangélisation ».