L'expérience d'être guéri : la joie des nouveaux évangélisateurs

Conclusion du synode, premier bilan de Benoît XVI

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Anita Bourdin

ROME, dimanche 28 octobre 2012 (ZENIT.org) –  Les nouveaux évangélisateurs sont « des personnes qui ont fait l’expérience d’être guéries par Dieu, par l’intermédiaire de Jésus Christ », fait observer le pape dans son homélie pour la messe de conclusion du synode (7-28 octobre).

Le pape y dresse un premier bilan de l’assemblée et relève trois lignes directrices : les Sacrements de l’initiation chrétienne, la mission ad gentes, les baptisés qui se sont éloignés.

La joie de Bartimée

Commentant l’Evangile de la guérison de l’aveugle Bartimée, le pape fait observer la condition du chrétien et de tout homme : « Il est essentiel de se reconnaître aveugles, de reconnaître qu’on a besoin de cette lumière, sans quoi on reste aveugle pour toujours ».

« Chers frères et sœurs, Bartimée, ayant retrouvé la vue par Jésus, se joignit au groupe des disciples, parmi lesquels se trouvaient certainement d’autres qui, comme lui, avaient été guéris par le Maître. Ainsi sont les nouveaux évangélisateurs : des personnes qui ont fait l’expérience d’être guéries par Dieu, par l’intermédiaire de Jésus Christ. Et leur caractéristique est la joie du cœur », a déclaré le pape.

Benoît XVI a aussi insisté sur le fait que « la Nouvelle évangélisation concerne toute la vie de l’Église »  et consiste à répandre le feu de l’amour: « Elle se réfère, en premier lieu, à la pastorale ordinaire qui doit être toujours plus animée par le feu de l’Esprit, pour embraser les cœurs des fidèles qui fréquentent régulièrement la Communauté et qui se rassemblent le jour du Seigneur pour se nourrir de sa Parole et du Pain de la vie éternelle ».

Benoît XVI a relevé trois lignes directrice du synode : il fait ici un premier bilan de l’assemblée.

L’initiation chrétienne

« La première, a expliqué le pape, porte sur les Sacrements de l’initiation chrétienne. L’exigence d’accompagner la préparation au Baptême, à la Confirmation et à l’Eucharistie avec une catéchèse appropriée a été réaffirmée. L’importance de la Pénitence, sacrement de la Miséricorde de Dieu a été aussi rappelée ».

Il souligne que c’est là la clef de l’appel universel à la sainteté : « À travers cet itinéraire sacramentel passe l’appel du Seigneur à la sainteté, adressé à tous les chrétiens. En effet, il a été répété plusieurs fois que les vrais protagonistes de la nouvelle évangélisation sont les saints : par l’exemple de leur vie et par leurs œuvres de charité ils parlent un langage compréhensible par tous ».

La mission ad gentes

« La nouvelle évangélisation est essentiellement liée à la mission ad gentes », a fait observer le pape en précisant : « L’Église a le devoir d’évangéliser, d’annoncer le message de salut aux hommes qui ne connaissent pas encore Jésus Christ ».

Le pape souhaite un nouveau dynamisme missionnaire : « Au cours des réflexions synodales, il a été aussi souligné qu’il existe beaucoup de milieux en Afrique, en Asie et en Océanie où des habitants attendent ardemment, parfois sans en être pleinement conscients, la première annonce de l’Évangile. Il convient par conséquent de prier l’Esprit Saint afin qu’il suscite dans l’Église un dynamisme missionnaire renouvelé dont les protagonistes soient, de manière spéciale, les agents pastoraux et les fidèles laïcs ».

Il a mentionné les migrations : « La mondialisation a causé un important déplacement de population ; par conséquent, la première annonce s’impose aussi dans les pays d’ancienne évangélisation. Tous les hommes ont le droit de connaître Jésus Christ et son évangile ; et à cela correspond le devoir des chrétiens, de tous les chrétiens –prêtres, religieux et laïcs –, d’annoncer la Bonne Nouvelle ».

Redécouvrir la joie de la foi

Un troisième aspect relevé par le pape : aider les baptisés qui ne vivent pas selon les « exigences » du baptême à redécouvrir « la joie de la foi ».

« Au cours des travaux synodaux, a constaté le pape, il a été mis en lumière que ces personnes se trouvent sur tous les continents, spécialement dans les pays plus sécularisés. L’Église leur porte une attention particulière, afin qu’elles rencontrent de nouveau Jésus Christ, redécouvrent la joie de la foi et retournent à la pratique religieuse dans la communauté des fidèles ».

Créativité pastorale

Il souligne que cela exige une nouvelle approche : « Au-delà des méthodes pastorales traditionnelles, toujours valables, l’Église cherche à utiliser de nouvelles méthodes, avec aussi le souci de nouveaux langages, appropriés aux différentes cultures du monde, proposant la vérité du Christ par une attitude de dialogue et d’amitié qui a son fondement en Dieu qui est Amour ».

Le pape a cité quelques initiatives : « En différentes parties du monde, l’Église a déjà entrepris ce chemin de créativité pastorale, pour se rendre proche des personnes éloignées ou en recherche du sens de la vie, du bonheur et, en définitive, de Dieu. Rappelons certaines missions citadines importantes, le « Parvis des gentils », la mission continentale, etc. Il n’y a pas de doute que le Seigneur, Bon Pasteur, bénira abondamment de tels efforts qui proviennent du zèle pour sa Personne et pour son Évangile ».