L'expérience de la Turquie : favoriser les activités interreligieuses

Investir dans les réseaux privés, par Mgr Louis Pelâtre

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Anne Kurian

ROME, jeudi 11 octobre 2012 (ZENIT.org) – Dans les pays à forte majorité musulmane, comme en Turquie, l’Eglise est invitée à favoriser les activités interreligieuses et à investir dans les réseaux sociaux privés, estime Mgr Pelâtre.

Mgr Louis Pelâtre, vicaire apostolique d’Istanbul et administrateur de l'exarchat d'Istanbul, est intervenu le 10 octobre 2012, dans l'après-midi, au cours de la cinquième congrégation générale du synode des évêques à Rome, sur la nouvelle évangélisation.

Les chrétiens de Turquie représentent « moins de 1 % de la population », indique l’évêque, qui précise qu’il y parmi eux un « petit troupeau des fidèles pratiquants », et une « masse de catholiques non-pratiquants ».

Outre les autres confessions chrétiennes, la « quasi-totalité des habitants du pays » sont « pratiquants ou sociologiquement musulmans », ajoute-t-il. C’est donc à toutes ces réalités différentes que s’adresse la nouvelle évangélisation.

Mgr Pelâtre conseille donc les « activités interreligieuses », témoignant de son expérience d’une chorale rassemblant « 5 confessions exécutant ensemble les chants religieux des uns et des autres ».

Il relève également certains domaines où l'annonce de Jésus-Christ est possible : la jeune génération « s'instruit de la foi chrétienne sur internet », constate-t-il, encourageant donc l’Eglise, qui n’a « pratiquement pas accès aux radios et télévisions publiques » à utiliser « les réseaux privés ».

Dans le contexte de la Turquie, souligne l’évêque, « il ne faut pas uniquement mesurer l'évangélisation sur les paramètres quantitatifs de réussite », comme le dit l’Instrument de travail du Concile (74) mais en revanche il faut s’appuyer sur le « dialogue », qui est aussi « un chemin vers le Royaume ».

Parmi les initiatives récentes, il signale que le Catéchisme de l'Église catholique a été traduit en turc, ainsi que d'autres publications.

Pour cette mission en Turquie, conclut-il, la « bonne volonté et l'improvisation » ne suffisant pas, il faut des « ouvriers bien préparés et qualifiés ».