L’histoire de la mosaïque de la Vierge située place Saint-Pierre

Elle a été voulue par Jean-Paul II en signe de reconnaissance

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ROME, Mercredi 18 mai 2011 (ZENIT.org) –Quelques jours après le 30e anniversaire de l’attentat contre Jean-Paul II, le 13 mai 1981, fête de Notre-Dame de Fatima, le cardinal Giovanni Battista Re, préfet émérite de la Congrégation pour les évêques, revient dans L’Osservatore Romano sur l’histoire étonnante de l’installation sur la place Saint-Pierre d’une mosaïque représentant la Vierge Mater Ecclesiae – Mère de l’Eglise – placée ici en signe de remerciement du pape polonais pour la protection de Marie.

L’image, de plus de 2,5 mètres, a été installée sur une façade du Palais apostolique située à droite de la basilique Saint-Pierre, entre novembre et décembre 1981, soit près de 6 mois après l’attentat. A la base de cette mosaïque représentant une Vierge à l’Enfant, le blason de Jean-Paul II a été représenté avec sa devise « Totus tuus ».

« Quand Jean-Paul II rentra au Vatican après sa première hospitalisation à la polyclinique Gemelli, les responsables du Gouvernorat évaluaient la possibilité de placer un signe visible place Saint-Pierre, à l’endroit où le pape avait été touché, pour rappeler une page douloureuse de l’histoire de l’Eglise mais aussi pour témoigner d’un signe de protection céleste », explique le cardinal Re.

Jean-Paul II exprima immédiatement son intention : « en souvenir de l’attentat, il souhaitait qu’une image de la Vierge soit placée à un endroit bien visible ». « Il était en effet convaincu que la Vierge Marie l’avait protégé, explique encore le cardinal Re. Il n’y avait donc pas de meilleur moyen de se souvenir de ce 13 mai ».

Le pape Jean-Paul II confia aussi qu’on lui avait déjà fait remarquer ce « manque » sur la place Saint-Pierre où la statue du Christ était entourée des apôtres et de nombreux saints disséminés sur la colonnade mais « qu’il n’y avait pas d’effigie de la Vierge ». En réalité, il existe bien une image de la Vierge, rapporte encore le cardinal Re, mais celle-ci se trouve au-dessus de la porte de Bronze et n’est donc pas visible par tous.

Le cardinal Re, alors assesseur de la Secrétairerie d’Etat, explique comment il fut chargé de travailler avec Mgr Giovanni Fallani, président de la Commission permanente pour la protection des monuments historiques et artistiques du Saint-Siège et le Pr Carlo Pietrangeli, directeur des Musées du Vatican.

Mgr Fallani trouva une solution : celle de placer la mosaïque sur une fenêtre déjà existante. Une proposition qui sembla « valable » à tous pour « un complexe architectonique que beaucoup auraient jugé intouchable ».

« Mais surtout – poursuit le cardinal Re – le projet plut au pape qui nous exhorta à aller de l’avant ».

Suivit ensuite le choix de la mosaïque : « Jean-Paul II fit savoir qu’une représentation de la Vierge comme Mère de l’Eglise lui aurait plu » parce que la Vierge « a toujours été unie à l’Eglise » et qu’elle a toujours été « particulièrement proche dans les moments difficiles de son histoire ».

Jean-Paul II ajouta « qu’il était personnellement convaincu que le 13 mai, la Vierge Marie avait été présente place Saint-Pierre pour sauver la vie du pape ».

La représentation d’une Vierge à l’Enfant située dans la basilique Saint-Pierre et intitulée Mater Ecclesiae – Mère de l’Eglise - servit de modèle à cette mosaïque. « Quelques retouches » ont toutefois été apportées à la représentation de l’Enfant Jésus, ainsi qu’à la couleur, « afin qu’elle soit mieux visible à grande distance ».

Le 8 décembre 1981, fête de l’Immaculée Conception, Jean-Paul II « avant de réciter l’Angélus, bénit l’image mariale, signe de la protection céleste sur le souverain pontife, sur l’Eglise et qui se trouve place Saint-Pierre ».

« Par la suite, conclut le cardinal Re, sur le pavé de la place, une plaque en marbre portant le blason du pape » fut placée « à l’endroit précis » où il fut touché par la balle.