L'illégalité étouffe la fraternité

Lecture du message pour la Journée mondiale de la paix

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 490 clics

L’illégalité étouffe la fraternité, c’est pourquoi le pape appelle à combattre le crime organisé, dans son message pour la Journée mondiale de la paix (1er janvier 2014).

Mgr Mario Toso, S.D.B., secrétaire du Conseil pontifical "Justice et Paix" et M. Vittorio Alberti, Official du dicastère, ont présenté le message du pape François intitulé « La fraternité, fondement et route pour la paix », hier, 12 décembre, au Vatican.

Lutter contre le crime organisé

Vittorio Alberti note une « grande nouveauté dans le message » : le pape évoque en effet la criminalité organisée.

« En liant légalité et fraternité, le pape condamne les organisations qui s'immiscent entre citoyens et institutions, étouffant le sens de communauté, la liberté et la justice car elles empêchent le citoyen d’agir comme individu dans la société, sur le terrain qui la rend dynamique : la légalité », explique-t-il.

« Le pape François indique la voie pour combattre la mafia et le crime organisé », insiste Vittorio Alberti qui espère que ce message sera entendu par les gouvernants.

Voici un extrait de ce que dit le pape sur le crime organisé (n°8) : « Une communauté politique doit agir de manière transparente et responsable... Les citoyens doivent se sentir représentés par les pouvoirs publics dans le respect de leur liberté. Inversement, souvent, entre citoyen et institutions, se glissent des intérêts de parti qui déforment cette relation, favorisant la création d’un climat de perpétuel conflit… Cet égoïsme se développe socialement, soit dans les multiples formes de corruption, soit dans la formation des organisations criminelles qui, minant en profondeur la légalité et la justice, frappent au cœur la dignité de la personne. »

Sortir des préjugés idéologiques

« La fraternité est l’ingrédient, le fondement d’une société », poursuit Vittorio Alberti, faisant observer que « la société actuelle est pulvérisée, atomisée car il lui manque le sens de la communauté : elle est blessée, tailladée ou déchirée ».

« Un sens renouvelé de la fraternité peut guérir cette blessure », estime-t-il. Mais « fraternité » ne signifie pas "être bons". Ce serait trop superficiel ».

La fraternité « est d’abord une action empathique de la raison, un enjeu du discernement », elle est cette attitude qui ne peut « passer outre » devant les situations injustes mais qui cherche à « élargir l’horizon, hors des préjugés idéologiques, hors des peurs, des idoles ».

Vittorio Alberti fait observer que le pape François parle toujours « à la personne, il regarde en face la personne singulière, non la masse; le peuple, non la masse, il ne lance pas des invectives d’une Eglise hargneuse, fermée, comme si elle était une grotte lugubre ».

Le pape « est poussé par l’empathie vers les limites de chacun » car « tous [les hommes] sont insuffisants, tous sont pécheurs », et le « sens de communauté » est nécessaire « contre l’indifférence ».