L'impact du voyage au Liban dans les media

Analyse du Custode de Terre Sainte

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Traduction d'Océane Le Gall

ROME, jeudi 13 septembre 2012 (ZENIT.org) –   « La visite de Benoît XVI aura sûrement un fort impact sur les medias et sur l’opinion publique du monde arabe », a déclaré le P. Pierbattista Pizzaballa, Custode de Terre-Sainte, à l’œuvre internationale Aide à l’Eglise en Détresse (AED), à la veille de la visite de Benoît XVI au Liban.

Le prêtre franciscain s’est dit convaincu que « le voyage du pape aidera à avoir une attitude plus positive vis-à-vis des chrétiens et de l’Eglise, non seulement au Liban mais dans tout le Moyen Orient ».

Il exclut que les trois jours de visite du pape au pays des Cèdres puisse avoir des répercussions au niveau politique, même si certains ont déjà attribué un caractère « politique » au contenu de l’exhortation apostolique post-synodale qui sera signée en la basilique Saint-Paul à Harissa, demain, vendredi 14 septembre.  

L’exhortation est rédigée à partir des 44 propositions finales de l’Assemblée spéciale pour le Moyen-Orient  du synode des évêques d’octobre 2010. Et le sens même de ces assises « n’était pas de fournir des instructions précises, mais indiquer la chemin à suivre », précise le Custode.

Selon lui, l’un des grands résultats de ce synode ont été les exhortations au dialogue œcuménique, à la formation des prêtres et à l’éducation catholique.  Il explique que « tant de sujets soulevés en octobre 2010, dont le premier tous était le droit des chrétiens à une pleine citoyenneté, sont désormais entrés dans l’agenda de beaucoup de pays, par exemple en Egypte ».

De cette assemblée spéciale du synode des évêques, « les Eglises orientales ont tiré la force et la préparation nécessaire à une discussion dans leurs pays respectifs », ajoute-t-il.

Il rejette fermement les critiques de ceux qui soutiennent que l’Eglise ne fait pas assez pour arrêter l’exode massif de fidèles du Moyen-Orient : « Quoique nous fassions, cela ne sera jamais assez ! »

L’Eglise, selon lui, ne peut que continuer à promouvoir l’éducation et entretenir de bonnes relations.  C’est la seule façon, estime-t-il, de « garantir une présence chrétienne dans cette région ». Plutôt que de chercher protection, il pense qu’il vaut mieux « se ménager un espace dans le processus de construction d’une nouvelle société », comme cela est le cas en Egypte.

Le Custode de Terre-Sainte dément enfin les thèses apocalyptiques relatives à l’avenir des chrétiens au Moyen-Orient.  Regrettant que depuis plus d’un demi siècle, on ne lise souvent :« nous sommes en train de disparaître »,  il reconnaît que « la communauté chrétienne se réduit alors que d’autres grandissent », mais se dit convaincu qu’elle ne disparaîtra pas.