L’intégration passe par l’éducation

Mgr Vegliò intervient à un congrès à l’université du Sacré-Cœur à Milan

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ROME, Mardi 11 mai 2010 (ZENIT.org) - Dans un paysage où la question de l'immigration est toujours plus présente, il est nécessaire de construire une « société intégrée », affirme Mgr Antonio Maria Vegliò, président du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement. 

Mgr Vegliò est intervenu lundi matin au congrès : « Processus migratoires et intégration dans les banlieues urbaines - Pour une intégration possible », organisé par l'université catholique du Sacré-Cœur à Milan. 

« Aujourd'hui, comme jamais, la question des migrations impose un processus social qui élargisse les espaces d'appartenance et de participation, et rèduise les situations de marginalisation et d'exclusion », a-t-il dit. 

Dans ce contexte, « le défi et l'objectif de fond sont de bâtir une 'société intégrée' », a-t-il expliqué, où plus que de défendre des cultures et des religions différentes, il s'agirait, d'un côté, d'adopter de nouveaux réseaux de solidarité contre la misère et l'exclusion et, de l'autre, de promouvoir une rencontre entre cultures qui favorise la relation, l'échange et un enrichissement réciproque ».

De ce point de vue-là, a-t-il ajouté, « il est fondamental de déterminer des modèles d'intégration qui fassent ressortir les valeurs de la connaissance mutuelle, du dialogue et de l'écoute, sans oublier l'obligation de tous au respect des règles dont chaque Etat, légitimement, se dote ». 

L'éducation, un outil d'intégration

Un des outils les plus efficaces pour l'intégration est l'instruction, a déclaré Mgr Vegliò. Pour cela, il est impératif d'affronter en premier lieu le problème de l'éducation chez les jeunes, qui est encore plus aigu dans la seconde génération de migrants ». 

Aujourd'hui, les institut d'éducation sont donc « en première ligne dans la formation de personnes capables d'évaluer la diversité, évitant ainsi les replis sur soi préjudiciables ». 

« Pour remplir efficacement sa mission, l'école doit participer à la recherche de solutions aux problèmes humains les plus urgents. Il est donc important d'investir dans la recherche et dans l'enseignement sur des thèmes concernant par exemple la démocratie, les droits de l'homme, la paix, l'environnement, la coopération et la compréhension internationale, la lutte contre la pauvreté, le dialogue interreligieux et toutes les questions liées au développement durable ». 

Mais il faudrait aussi de « nouveaux investissements sur des questions comme la  citoyenneté et la participation, la préparation des éducateurs, la médiation culturelle et la médiation sociale », ainsi qu'« une nouvelle politique fiscale et une nouvelle politique du logement, de l'accompagnement, de la sécurité sociale, de la protection de la santé et de la vie de tous ». 

La société contemporaine qui « revêt de plus en plus les caractéristiques d'une société multiethnique et multiculturelle », interpelle du reste tous les milieux, « suscitant à la fois un processus dynamique de réciprocité relationnelle et un mouvement d'intégration qui supposent une participation positive dans les rapports entre les personnes ». 

Dans un tel paysage, « il est nécessaire de côtoyer toutes les cultures dans l'attitude respectueuse de celui qui est conscient qu'il n'a pas seulement quelque chose à dire et à donner, ou en droit de prétendre, mais qu'il a aussi à écouter et à recevoir, du moment qu'il le fait avec le juste discernement ». 

« Je suis sûr que cet événement auquel nous participons dans cette prestigieuse université qui, l'année prochaine, fêtera ses 90 ans d'existence, en présence d'illustres autorités et tant d'amis, atteindra avec succès l'objectif de réaffirmer ces valeurs qui expriment les exigences fondamentales de la personne humaine et de sa dignité, parmi lesquelles figurent l'accueil des immigrés, respectueux des lois visant à favoriser l'intégration, en vue d'une société vraiment solidaire », a conclu Mgr Vegliò.