L'océan, la plage, une messe, trois millions de jeunes

Conclusion de la XXVIIIe journée mondiale de la jeunesse

Rio de Janeiro, (Zenit.org) Anne Kurian | 999 clics

Trois millions de jeunes – selon les organisateurs – étaient présents pour la messe conclusive des XXVIIIe journées mondiales de la jeunesse de Rio 2013, sur la plage brésilienne de Copacabana.

Journée de fête et de joie qui a été marquée en prime par une victoire météorologique : après une semaine de pluie, le soleil a couronné cette dernière journée, égayant de ses rayons l’immense nef de sable en forme de demi-lune, où les jeunes avaient passé la nuit, au bord de l’océan, après la veillée de samedi.

Venu en hélicoptère de la résidence de Sumaré où il logeait durant les JMJ, le pape a longé le bord de mer – 4 km – en jeep ouverte, sous les acclamations des jeunes des quatre coins du monde, qui lançaient leurs drapeaux dans la papamobile.

Le pape François n’a pas dérogé à son habitude d’interaction avec la foule, s’arrêtant pour admirer les drapeaux, bénir des enfants, ou encore boire un « maté », boisson argentine offerte par un participant.

A son arrivée sur l’immense podium, et pendant qu’il revêtait ses ornements pour la célébration, les jeunes ont interprété « le plus grand flash-mob du monde », une chorégraphie qu’ils avaient répétée à plusieurs reprises durant leur séjour. Il n’y a à ce jour pas de record qui atteindrait trois millions de personnes…

Deux présidentes ont pris part à la messe: Mme Dilma Roussef, présidente du Brésil, et Mme Cristina Fernandez de Kirchner, présidente de l'Argentine.

La messe internationale s’est déroulée entre profond recueillement et chants très vivants, couleur locale. Introduisant la célébration, Mgr Orani João Tempesta, archevêque de São Sebastião do Rio de Janeiro, a remercié le pape d’avoir été « les bras et le cœur du Christ pour nous ».

Lors de son homélie, le pape François a donné aux jeunes trois directives pour leur retour chez eux : « Allez, sans peur, pour servir ». Car si « cela a été beau de participer aux Journées mondiales de la Jeunesse, de vivre la foi avec des jeunes provenant des quatre coins du monde », il s’agit maintenant « d’aller et transmettre cette expérience aux autres ».

Où aller ? « Il n’y a pas de frontières, il n’y a pas de limites... L’Évangile est pour tous et non pour quelques-uns. Il n’est pas seulement pour ceux qui semblent plus proches, plus réceptifs, plus accueillants. Il est pour tous », a-t-il répondu : « N’ayez pas peur d’aller, et de porter le Christ en tout milieu, jusqu’aux périphéries existentielles, également à celui qui semble plus loin, plus indifférent. Le Seigneur est à la recherche de tous ».

Le pape a formulé une objection : « je n’ai aucune préparation spéciale, comment puis-je aller et annoncer l’Évangile ? ». Et il y a répondu en invitant à la confiance : « N’aie pas peur ! Quand nous allons annoncer le Christ, c’est Lui-même qui nous précède et nous guide. Jésus ne ne vous laisse jamais seuls ! Il vous accompagne toujours ».

De plus, les jeunes ne sont pas envoyés en mission « seuls », mais avec « l’Église tout entière et la communion des Saints » : « Quand nous affrontons ensemble les défis, alors nous sommes forts, nous découvrons des ressources que nous ne pensions pas avoir ».

Pour le pape, l’évangélisation, c’est d’abord « une vie de service » : « Évangéliser, c’est témoigner en premier l’amour de Dieu, c’est dépasser nos égoïsmes, c’est servir en nous inclinant pour laver les pieds de nos frères comme a fait Jésus ».

« Chers jeunes, en retournant chez vous n’ayez pas peur d’être généreux avec le Christ, de témoigner de son Évangile... Jésus Christ compte sur vous ! L’Église compte sur vous ! Le pape compte sur vous ! », a-t-il conclu.

Au moment de l’offertoire,un couple a porté le ciboire avec leur petite fille handicapée, souffrant d’anencéphalie – elle est née privée d’une grande partie du cerveau. C’est le pape François qui a personnellement demandé sa présence.

Les parents de la petite fille l’ont présentée au pape François lorsqu’il quittait la cathédrale Saint Sébastien de Rio, après la messe de samedi avec les religieux. Le couple a confié que, alors que, légalement, ils auraient pu avorter, ils avaient décidé de célébrer sa vie.

La majeure partie des enfants atteints d’anencéphalie ne survivent pas ou sont avortés avant que la grossesse n’arrive à son terme. Le pape a accueilli cette petite fille « en signe d’accueil et d’offrande de la vie à Dieu », a expliqué le P. Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège, lors d'une conférence.

En conclusion de la célébration, le cardinal Stanisław Ryłko, président du Conseil pontifical pour les laïcs, a remercié le pape au nom des jeunes : « au terme de ces merveilleuses et inoubliables journées vécues à Rio de Janeiro, le cœur rempli de joie, les jeunes désirent vous exprimer, Saint-Père, leur attachement et leur gratitude ».

Il a également exprimé leur reconnaissance au pape émérite Benoît XVI, « qui a choisi Rio de Janeiro et qui a donné aux jeunes un très beau message, pour les guider en chemin pendant leur préparation spirituelle » et enfin « envers le bienheureux Jean-Paul II pour le don providentiel des JMJ qu’il a fait à l’Église, dans l’attente de sa canonisation ».

Le pape a ensuite remis des statuettes blanches du Christ rédempteur du Corcovado à des représentants des cinq continents, en signe du mandat missionnaire reçu durant ces JMJ : « Allez et de toutes les nations faites des disciples ! » (cf. Mt 28,18).

Puis il a introduit la prière de l’angélus en annonçant solennellement que la prochaine JMJ aurait lieu en Pologne, en Cracovie, en 2016. Les trois millions de jeunes ont exprimé en ovation leur enthousiasme pour ce nouveau rendez-vous.

La rencontre s’est terminée en chants, embrassades, ovations, agitations de drapeaux. Tandis que le pape a repris l’hélicoptère pour rentrer déjeuner à Sumaré, une joie éclatante parcourait l’immense foule.